Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #300 le: 06 juin 2014 06:51:31 »
L’ARCEP vient de publier un rapport sur l’évolution des prix des services mobiles. En moyenne, les consommateurs ont bénéficié d'une baisse de 27,2% en 2013, après une baisse de 11,4% en moyenne en 2012, du fait de la pression concurrentielle du quatrième opérateur. Depuis la mi-2013, la baisse s’est fortement ralentit.

La baisse a été plus marquée pour les utilisateurs de cartes prépayées (-33%), que pour les abonnés à des forfaits (-25,5% après -12,6% en 2012 après -1,8% en 2011). Pour les offres sans engagement, la baisse des prix a été particulièrement spectaculaire, atteignant 28,1% contre 28,4% en 2012 et -7% en 2011.

Pour l’’ARCEP : «Le recul des prix est légèrement plus marqué aux extrêmes : les prix diminuent de 26,6 % pour les gros consommateurs et 28,3 % pour les petits consommateurs de services vocaux tandis qu’ils baissent de 21,2 % pour les consommateurs moyens.»

Cette diminution des prix ne s'est accompagnée d'une augmentation moyenne de la consommation voix. Alors que cet usage était plutôt en baisse depuis quelques années. La moyenne est de 3h15 par mois. Avec 28 minutes pour les petits forfaits et 7h29 pour les gros forfaits.

Pour les SMS, comme en 2012, la moyenne est de 331 par mois. Ce sont les offres prépayés qui émettent le moins avec 83 sms par mois, alors que la moyenne pour les gros forfaits tournent à 404.

Pour ce qui est de l’internet mobile avec une consommation moyenne des données en hausse à 220 Mo contre 122 en 2012. Le profil du gros surfeur est à 418 Mo par mois.

2014, va-t-il voir la baisse des prix se poursuivre et si oui de combien ? Les prix ont-ils atteints un prix plancher pour plusieurs années ? A ce jour, la 4G n’a aucun impact sur les prix. Alors que les prix ont explosé en deux ans, Il faut constater que ce n’est pas le cas des usages. La consommation reste modeste par rapport aux contenus des forfaits.

Méthodologie
C’est une étude menée auprès de clients des quatre opérateurs de réseaux mobiles Orange France, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile et des deux plus importants opérateurs mobiles virtuels NRJ Mobile et Virgin Mobile.
Le calcul est fondé sur la dépense minimale. La dépense minimale est la facture minimale théorique en euros courants TTC d'un consommateur informé, libre et rationnel qui " optimise " sa dépense en fonction de sa consommation tout au long de la période. C'est celle utilisée par l'INSEE pour calculer son indice des prix à la consommation.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #301 le: 09 juin 2014 07:04:52 »
Bouygues Telecom est à la croisée des chemins. Lors d’une audition par la Commission des Affaires Economiques du Sénat (La Tribune, 06/06), son pégégé est revenu sur la santé de l’opérateur. Alors qu’il est question d’un possible vente à Orange, il annonce que Bouygues Telecom va d’abord s’attaquer à une réorganisation interne avec une simplification des offres et de son organisation et et engager un plan de licenciements.

La situation est noire
"Notre objectif est d'économiser un milliard par an d'ici trois ans : c'est énorme, pour un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros (…) pour ce qui concerne Bouygues Telecom, aujourd'hui, nos résultats nous placent au quatrième rang (…) Nous sommes confrontés à un problème de taille critique. Pour faire face à nos coûts fixes, c'est-à-dire à l'extension du réseau, il nous faut plus de clients, d'où notre offre de rachat de SFR, qui a échoué. Les résultats en matière de 4G n'ont pas été à la hauteur de nos espérances (…)  nous avons décidé de nous organiser par nous-mêmes pour survivre avec moins de revenus, en réduisant sensiblement la taille de l'entreprise, ce qui aura donc des conséquences sur l'emploi, hélas.".

La charge est lourde et elle est bien signée Olivier Roussat le pédégé de Bouygues Telecom et non de ses concurrents…Curieusement, lors de la présentation des résultats du T4 2013, le communiqué - plutôt optimiste - disait : " La structure financière du Groupe est très solide. La capacité d’autofinancement est quasiment stable par rapport à 2012 et s’élève à 2,7 milliards d’euros. Grâce à la maîtrise des investissements d’exploitation nets, en baisse de 188 millions d’euros par rapport à 2012, le cash-flow libre s’améliore de 97 millions d’euros et ressort à 821 millions d’euros en 2013. ".

Réorganisation stratégique
Un plan de simplification va être présenté le 11 juin : "nous devons réduire de façon drastique nos dépenses. Un comité d'entreprise exceptionnel se réunira le 11 juin : nous annoncerons des réductions d'emplois, condition pour continuer à vivre dans un monde à quatre opérateurs (…) nous sommes exsangues ». Il pourrait y avoir jusqu’à 2000 licenciements sur 9000 postes. 

Bouygues Télécom "travaillerait enfin à réduire les coûts de fonctionnement et notamment par le biais d’une simplification de sa grille d’offres qui compte actuellement six forfaits, qui se déclinent chacun en offre avec ou sans engagement, auxquels s’ajoutent les quatre tarifs de B & You dans le mobile, les offres pour la box et remises aux clients les plus fidèles." (Le Figaro, 12/05).

Pour rappel, Bouygues a déjà réalisé un plan d'économies de 400 millions en 2013  (20 Minutes[/u], 05/2013) et a supprimé 542 emplois dans le cadre d'un plan de départs volontaires. Martin Bouygues avait annoncé (Le Figaro, 12/2013)  vouloir déclaré la guerre à Free ! 

Les coupables
Pour Olivier Roussat, le problème de fond pour Bouygues vient de Free Mobile. Les conditions d’accès ont été biaisées pour Free, et il fait même preuve de très mauvais goût en décrivant l’itinérance d’Orange comme un « cancer ».
Il en veut aussi à l’ARCEP, que Bouygues Telecom vient d’attaquer devant le Conseil d’Etat. Suite à l’avis de l’Autorité De La Concurrence de mars 2013, Bouygues dénonce le manque de clarté de la sortie de l’itinérance 3G qui lie Orange et Free.   

Un rachat par Orange ?
La réponse est plutôt amère : "Les pouvoirs publics estimaient indispensable d'avoir quatre opérateurs fin 2011 et aujourd'hui il n'en faudrait plus que trois ? Quel est le sens de tout cela ? Si le but était de transférer l'argent d'un opérateur à un autre, c'est réussi, la fortune du patron de Free, Xavier Niel, est faite. Mais où est la logique ? (…) La presse a fait état de discussions avec Orange. Tout ce que je peux vous dire, c'est que, pour l'instant, elles sont très préliminaires. ".

Difficile pour lui d’en dire plus, car le dossier est directement traité par Martin Bouygues. Pour lui, la priorité est d’avoir un Bouygues Telecom en état de marche : "Nous ne voulons dépendre de personne pour restaurer notre rentabilité et pouvoir réaliser les investissements dont nous avons besoin. ". De son coté, Orange est de plus en plus intéressé.

C’est dans le droit fil d'une interview (Le Figaro, 11/04) de Martin Bouygues qui déclarait : "Dans un marché à quatre opérateurs, nous savons que nous devons continuer à diminuer nos coûts et à innover fortement. Bouygues Telecom peut rester seul car il peut compter sur le groupe Bouygues, qui peut lui fournir des moyens importants pour gagner la rude bataille qui s'annonce."

Rachat par Orange, Free ou un autre opérateur ? Mutualisation plus poussée avec SFR/Numericable ? La réorganisation interne permettra-t-elle de faire franchir un nouveau pas à Bouygues Telecom ?

A suivre…

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #302 le: 10 juin 2014 06:51:01 »
Brèves du PIF (Paysage de l'Internet Français) - N°85

Free fait une offre sur Bouygues
Alors qu'Orange s'est montré intéressé par un rachat de Bouygues Telecom, c'est également Free qui aurait fait une offre informelle (Reuters, 10/06).
Sauf que Free aurait mis 4 milliards sur la table, alors que Bouygues en réclame le double. Les discussions sont au point mort.
Ce prix avait déjà été évoqué dans un article récent de La Tribune (05/06). Orange de son coté proposerait 6 milliards d'euros et une entrée de Bouygues dans le capital d'Orange.

Dailymotion
De son coté Orange ne devrait pas vendre une part de Dailymotion à Canal+ et Microsoft qui envisageait de rentrer dans le capital, ne ferait qu'avec un autre actionnaire. C'est ce qu'annonce le quotidien Les Echos (10/06) qui l'annonce. Canal+ voulait devenir majoritaire et faire de Dailymotion une plateforme payante lors qu'Orange ne le voulait pas.

Au mois de février dernier Stéphane Richard avait réaffirmé qu’il était en discussion (Bfmtv, 25/02) avec Microsoft pour trouver un partenaire à Dailymotion : "On a des discussions qui se poursuivent, en particulier avec Microsoft, ce qui ne veut pas dire que nous allons forcément parvenir à un accord (…) Nous souhaitons garder la majorité de Dailymotion car nous souhaitons rester maître du destin de Dailymotion qui peut encore profiter beaucoup à l'écosystème de l'innovation en France".

Il avait également précisé avoir "des discussions avec d'autres partenaires potentiel y compris français, plutôt dans le monde des contenus (...) Pour l'instant, Dailymotion ou YouTube sont des services 100% gratuits. Mais demain, l'avenir de ces sites est d'aller vers des contenus payants de haute qualité. Ce qui justifie le fait qu'on puisse en discuter avec des éditeurs de contenus", a-t-il développé.

La suite au prochain épisode.
« Modifié: 10 juin 2014 13:30:36 par Hammett »

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #303 le: 11 juin 2014 07:16:33 »
Alors que les conditions de sortie de l’accord d’itinérance 2G ne sont pas encore connues, Stéphane richard est revenu sur le sujet lors d’une interview à BfmTv.

Pour lui, il y a "une première fenêtre début 2015" qui va s’ouvrir, mais cette cela va prendre du temps : "On est en train de parler de migration de millions de gens qui se servent quotidiennement de leur téléphone, donc ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ce sont des évolutions qui se font sur plus d'un an.".

Cette déclaration tombe au moment ou Bouygues Télécom vient d’attaquer l’ARCEP devant le Conseil d’Etat. Bouygues dénonce le manque de clarté de la sortie de l’itinérance qui lie Orange et Free suite à l'avis de l'Autorité De La Concurrence sur le sujet (Communiqué de presse, l’avis) en mars 2013.

Parallèlement, L’ARCEP vient également d’ouvrir une enquête concernant le déploiement de son réseau mobile 3G : "L'Autorité a décidé l'ouverture d'une enquête afin de s'assurer que Free Mobile met en œuvre tous les moyens nécessaires à l'atteinte de son obligation et d'évaluer la réalité d'éventuels obstacles au déploiement.".

Pour l'ADLC, il s’agit de mettre fin à l’itinérance 2G en 2016, sauf que l’ADLC laisse une porte ouverte : "C’est à l’aune de cette évolution qu’il conviendra d’apprécier s’il est approprié de demander à Free de réaliser la migration de son parc avant les autres opérateurs, ou si une solution d’itinérance 2G encadrée est moins susceptible de fragiliser la dynamique concurrentielle".

Le débat est vraiment lancé. Une chose toutefois, que faire si il reste des clients en 2G ? Comment faire migrer des clients et gratuitement ? Sachant que ces clients sont "à priori" ceux qui disposent d'un faible pouvoir d'achat. L’itinérance peut-elle être coupée ?
En pratique, il reste donc 18 mois à Free pour faire évoluer son parc. Pour les autres opérateurs, dans le même avis de l'Autorité De La Concurrence, la dead line est 2021. On peut imaginer qu'il y aura aussi de la souplesse sur les délais.

A suivre...


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #304 le: 12 juin 2014 06:05:04 »
Brèves du PIF (Paysage de l'Internet Français) - N°86

Marché Pro
Cinq acteurs du marché aux entreprises dont Colt, BT, Nerim ou encore Adista ont écrit à la Commission Européenne afin de dénoncer les récentes propositions de l’ARCEP de ne plus encadrer les prix de gros d'Orange dans la fibre optique et l'ADSL dans les zones très denses, à savoir les grandes villes comme Paris ou Marseille.  La Commission Européenne doit donner sa réponse le 10 juin.
Ces prix étaient encadré depuis 10 ans et l’ARCEP estime que ces opérateurs ont eu le temps de déployer leurs propres infrastructures. L’ARCEP étudie la faisabilité d’étendre la dérégulation à d’autres zones.
Selon les derniers chiffres de l'Institut de l'audiovisuel et des télécoms (Idate) Orange représente 63% du marché des entreprises, SFR business team 21%, Bouygues Télécom 6%, Completel 4% (propriété de Numericable), Colt 3%, le reste 3%.

Source : L’Express (30/05).

Consolidation des opérateurs européens
La Commission Européenne vient de donner son accord au rachat de Telefonica Ireland (quatrième opérateur) par Hutchison (deuxième opérateur) pour 850 millions d’euros. C’est assorti de fortes conditions sur le maintien de la concurrence.
Mais la nouvelle entité fusionnée s'est engagée à laisser entrer dans les mois à venir deux opérateurs virtuels (MVNO) - dont un avant même que le deal ne soit officiellement conclu - avec l'obligation de leur céder jusqu'à 30 % des capacités de son réseau. Enfin Hutchison a promis de poursuivre le partage de réseau existant avec Eircom, le troisième réseau de téléphonie mobile.
Ces conditions sont directement inspirées de celles qui avaient prévalu en décembre 2012 lors du feu vert au rachat d'Orange Autriche par Hutchison.

Un autre dossier plus conséquent attend les partisans de la consolidation du marché : le rachat d'E-Plus (la filiale allemande de KPN) par Telefonica Deutschland. La décision est attendue pour le 10 juillet. La consolidation intérieure : oui, mais maintient d’une forte concurrence afin que les consommateurs ne soient pas lésés. Cette décision pourrait donner des pistes si Orange rachète Bouygues Telecom. 

Source : Les Echos (30/05).

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #305 le: 12 juin 2014 15:51:38 »
Bouygues Telecom vient de présenter son plan de relance qui s’accompagne d’un plan de licenciements de 1516 personnes soit 16% des effectifs. Bouygues devrait faire des annonces concernant le prix des offres Fibre et annonce (enfin) un plan de dégroupage massif d’ici fin 2015. Bouygues se met en position d’avoir un ARPU faible et de conquête de clients à tout prix.

Le quotidien Les Echos (12/06) relate que les discussions se poursuivraient entre Bouygues et Orange : "Les discussions ne sont pas à l’arrêt, assure-t-on du côté d’Orange. Elles se seraient même transformées, assure aux « Echos » une source proche du dossier. Alors que Martin Bouygues souhaitait monter au capital d’Orange, Stéphane Richard envisagerait plutôt de racheter Bouygues Telecom en cash, avec l’aide d’un autre opérateur télécoms - Iliad, fortement intéressé par le réseau et les fréquences de Bouygues.".

De son coté, Olivier Roussat - le pédégé de Bouygues Telecom – que les discussions "n’ont pas abouti", Bouygues Telecom veut mettre en place ce plan afin de "se donner les moyens d’assurer son avenir de façon autonome". C’est au niveau de Martin Bouygues que cela se décide. Pour plus de détails : "aller demander au septième étage" du siège de la maison-mère, (où se trouve le bureau de Martin Bouygues) (La Tribune, 11/06)

Du coté d’Orange, le secrétaire général aujourd’hui Pierre Louette a déclaré que : "Il n'y a pas d'accord, de montage, qui aurait été trouvé (…) Les discussions n'ont pas abouti (…) si on regardait quoi que ce soit, ce serait toujours avec le souci de la création de valeur pour Orange", (Le Figaro, 12/06).

Les discussions n’ont pas abouti (pour le moment ?), mais les discussions sont-elles closes ? Dans l’attente et au prix d’un lourd sacrifice, Bouygues va essayer de se relancer. En espérant pour Bouygues que cela ne soit pas du quitte ou double. Si ce plan réussit, très bien, si il ne change rien, Bouygues perdra de la valeur.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #306 le: 13 juin 2014 07:04:19 »
Le serpent de mer d’une fusion avec Deutsche Telekom refait surface. Les dernières nouvelles (Le Figaro, 05/06) viennent de Deutsche Telekom, qui va enfin réussir à vendre sa filiale T-Mobile USA (numéro 4) et serait pas loin d’un accord pour un rachat par Sprint (numéro 3) pour environ 50 milliards de dollars. Reste à trouver un accord avec le régulateur américain.

Fusion à égalité ou rien
Sans cette filiale, la valeur de Deutsche Telekom serait quasiment égale à celle d’Orange, ce qui rendrait la fusion possible. C’est ce qu’avait expliqué Stéphane Richard lors d’une interview (Les Echos,10/2013). Un article du Jdd (10/2013) avait déjà relancé le débat sur une éventuelle fusion entre Orange et Deutsche Telekom. Lors de l’été 2012, un rapprochement avait déjà été évoqué (Les Echos, 06/2012).

Orange et DT travaillent déjà ensemble
Il faut dire qu'entre les deux opérateurs historiques, c’est une vieille histoire maintenant. Avec un accord de coopération (02/2011) dans  le domaine du M2M et le partage du wifi, et le partage (Le Monde, 03/2011) du réseau mobile en Pologne et enfin la création (04/2011) d’une société commune sur le achats d’équipement. La co-entreprise vise un montant annuel d’économies sur les achats de 1,3 milliard d’euros après trois ans d’activité. Dernièrement, les deux entités se sont associés dans l’aide aux jeunes pousses (01Net, 12/06).

C’est du lourd
L'Etat allemand contrôle 32% du capital de Deutsche Telekom et l'Etat français 26,9% du capital de France Télécom, dont 13,5% via le Fonds stratégique d'investissement. Une fusion des deux opérateurs créerait un mastodonte de plus de 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires (45 milliards pour FT et 58 milliards pour DT) et près de 400.000 salariés (172.000 chez FT, 236.000 chez DT).

Alors ?
Fusion ? Rapprochement ? Un rapprochement entre ces deux groupes aurait le mérite de faire émerger un «géant» européen des télécoms, ce qui ne devrait pas déplaire à Bercy et la Commission Européenne. Pour cette dernière, plutôt que de consolider à l’intérieur de chaque pays, la consolidation doit être paneuropéenne : "Nous avons besoin de consolidation par-delà les frontières, et de taille critique plutôt que de synergies" (Les Echos, 19/05).
On pourrait s’attendre à ce que les marchés nationaux restent dans chaque giron. Il s’agirait ensuite de fusionner tout ce qu’il est possible de faire en dehors de son territoire national.

Alors qu’Orange se pose la question de racheter Bouygues Telecom et de consolider définitivement le marché des télécoms en France, c’est sur le continent européen que pourrait se jouer une partie autrement plus importante. Si un rachat de Bouygues par Orange serait complexe à réaliser au regard des règles anti-concurrentielles, un rapprochement/fusion poserait aussi d’énormes questions. Le dossier est aussi très politique.


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #307 le: 16 juin 2014 07:08:07 »
Le retour à trois opérateurs mobiles en France fait maintenant quasiment l’unanimité. Ainsi au cours d’un colloque organisé par le quotidien Les Echos, diverses voix se sont fait entendre sur le sujet. C’est La Tribune (12/06) qui relate.

L’Autorité De La Concurrence
Pour son président : "Il n'y a pas de corrélation absolue entre le nombre d'opérateurs et la concurrence. Il n'y a pas de chiffre magique. Ce sont la qualité et les incitations des acteurs qui comptent (...) La question n'est pas de savoir si la consolidation est désirable, mais si elle est inéluctable, comment bien l'accompagner".
Bref, il s’agit d’être pragmatique et d’organiser le marché pour qu’il y ait concurrence. La présence d’un Free "renforcé" étant gage de cette concurrence sur les prix.

Pour rappel, Bruno Lasserre (Le Figaro, 08/03) le Président de l'Autorité De La Concurrence était revenu sur le cadre réglementaire d'un rachat de SFR. Il y fixait quelques règles. Le passage de quatre à trois opérateurs n'était pas tabou : "L'Autorité se prononcera au vu du dossier - et des remèdes proposés - qui lui sera soumis..
L'ADLC examinera les questions suivantes : "le pouvoir de marché acquis par l'entreprise fusionnée lui permet-il d'augmenter les prix au détriment des consommateurs, qu'il s'agisse des particuliers ou des entreprises ? Existe-t-il des possibilités de riposte du côté des autres acteurs du marché ? Quels sont les effets de l'opération sur les incitations à innover et à investir de la nouvelle entité et de ses concurrents ? Ensuite, nous regarderons les effets coordonnés: la fusion peut-elle briser la dynamique concurrentielle dans le mobile mais aussi dans les marchés adjacents, la téléphonie fixe et même les médias. Les deux offres peuvent avoir des conséquences sur les médias."

L’ARCEP
Pour son président, il n’y a : "bien sûr pas de nombre d'or (...) prendre des précautions pour que la baisse des prix reste un acquis réel  (et à prévoir)  la réversibilité si le marché concentré se révélait insuffisamment concurrentiel (...) L'arrivée de Free dans le mobile a permis de casser la rente des opérateurs qui était improductive en matière d'investissement puisqu'ils avaient été mis en demeure sur leurs engagements de déploiement de la 3G". 

Le Ministre de l’Economie
Arnaud Montebourg : "Le retour à trois opérateurs est inéluctable (...)  Notre position est claire et ferme : nous militons pour ce retour à trois opérateurs. Mais l'emploi ne doit pas être une variable d'ajustement. Il y a d'autres solutions que des plans sociaux chez Bouygues Telecom, elles sont sur la table (...) Je laisse le soin aux dirigeants des entreprises concernées de peser le pour et le contre. Il n'y a pas qu'Orange. Il y a aussi Free. Avec Bouygues Telecom, ils pourraient s'entendre enfin, plutôt que de s'autodétruire".
Le Ministre louant même le rôle de Free en flattant "la bête" : "si Free se maintient, il serait le Maverick [non-conformiste], le vilain petit canard, il jouerait un rôle productif et intelligent".

Orange
Pour le Directeur Financier d’Orange : "Orange ne peut agir seul, nous sommes le seul à ne pouvoir faire des choses seuls. Ce serait tellement plus simple si les deux plus petits (comprendre Free et Bouygues NDLR) faisaient les choses ensemble ! Nous ne pouvons être leader ou la seule partie prenante".
Au nom d’une complexité (mais pas impossibilité) anti-concurrentielle au niveau Européen, Orange pourrait accompagner un acheteur. Et dans ce rôle, il n'y a que Free ? 

Le rachat de SFR et Virgin Mobile par Numericable a fait bouger les lignes et le PIF pourrait encore connaitre un épisode de consolidation, d'autant que Bouygues est le dernier gros morceau. Ensuite ce sera terminé. A ce jour Bouygues n'est pas vendeur, mais tout l'environnement est prêt. Yalta est là...

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #308 le: 17 juin 2014 07:04:09 »
Le Cabinet d’Etude Idate vient de présenter un rapport  "Digiworld Yearbook 2014", ce qui permet d’avoir quelques données intéressantes sur les investissements dans les télécoms des deux cotés de l’Atlantique. Le quotidien Le Monde (21/05) a publié quelques infographies et donne quelques chiffres.

Afin de se faire une idée sur les opérateurs en présence, le classement par chiffre d'affaire. Telefonica Le premier opérateur européen est cinquième. Orange est neuvième. l'Europe place 4 opérateurs, l'Asie 3, les Etats-Unis 2.



Autre statistique, dans le mobile, le chiffre d'affaire moyen par client. En cinq , il baisse de 3,9% au Japon, de 13,4% en Europe (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni) et augmente de 2,4% aux USA.
 


A partir de là et "logiquement", les investissements s’en ressentent et l’Europe décroche sur le période 2012/2013. Afin de se faire une idée plus précise, il faudrait quand même avoir la même statistique suer une période plus longue 


Voilà qui devrait militer dans le sens de certains dirigeants d’opérateurs européens – dont Stéphane Richard – pour une consolidation des opérateurs européens. Actuellement trois grosses opérations se déroulent sous nos yeux : KPN-Telefonica en Allemagne, Hutchison-Telefonica en Irlande, SFR-Numericable en France. Sur la première, la Commission devait rendre un avis en avril et ce sera finalement en juillet, mais la Commission devrait approuver l’opération en échange d’une plus grande ouverture du réseau.
   
Les consolidations d’aujourd’hui vont-elles faire les investissements de demain ? L’exemple de la fusion SFR/Numericable va nous en donner un premier aperçu. Et pourquoi pas un rapprochement trans-européen ? Les plus « avancés » sont Orange et Deutsche Telekom, mais pour le moment il n’est question de de coopérations ponctuelles. Les obstacles politiques, économiques et réglementaires sont colossaux. L’écart entre l’Europe et le reste du monde devrait donc continuer à croitre.   

Pour rappel, voici ce que pèsent les gros acteurs européens des télécoms.


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #309 le: 18 juin 2014 07:07:53 »
Dans le cadre de rachat de SFR par Numericable, il y a dans la corbeille de la mariée SFR une filiale de SFR qui détient quasiment un monopole sur l’Ile de La Réunion, SRR.
C’est l’occasion de faire un petit point sur le marché des télécoms dans les DOM-COM et plus spécifiquement sur celui de l’Ile de la Réunion.
D’abord, quelques généralités et un point sur Altice, la holding de P.Drahi, qui vient de racheter SFR et qui détient Numericable. Demain, un point sur SRR. Globalement, c'est un domaine très peu documenté. 

Généralités
Premiers chiffres. L’ARCEP dénombre 2,768 millions de cartes SIM dans les DOM. Les forfaits représentent 1,362 million soit 49,2% du marché et le prépayé 1,406 million soit 50,79%. Contrairement à la Métropole, le prépayé y est donc majoritaire, alors qu’il ne représente que 18,6% du marché dans l’hexagone.

L’ARCEP recense comme Opérateurs de réseaux mobiles outre-mer : opérateurs disposant de ressources en fréquences dans les départements et collectivités d'outre-mer (Orange Caraïbe, Orange Réunion, Société Réunionnaise du Radiotéléphone (SRR), Digicel AFG, SAS SPM, Dauphin Telecom, Outremer Telecom). Digicel est l’ex Bouygues Telecom Caraïbes.

Orange et  SFR ne donnent pas de chiffres spécifiques sur les DOM et COM. La clarté ne serait pas de trop. Bouygues n’est plus présent et Free n’est pas présent, car il n'y dispose pas de licences. 
A fin 2011, Orange Caraïbes comptait de 560 000 à 570 000 clients mobiles.

Altice
Alors qu’Altice vient de racheter SFR et Virgin Mobile, le groupe est déjà bien présent dans les DOM-COM.
Le 7 juin 2013, il a racheté Outremer Télécom pour 360 millions d'euros. C’est le principal opérateur alternatif des DOM-COM, avec 16% du marché. Présent en Martinique, Guadeloupe, Guyane, à la Réunion et à Mayotte, Outremer est actif à la fois dans l'accès internet, le téléphone fixe et mobile. 

Altice détenait déjà sur place les câblo-opérateurs Martinique TV Cable et World Satellite Guadeloupe, qu'il avait racheté pour 17 millions d'euros en 2008.

A fin 2012, Outremer Telecom, c’était 385 000 clients sur le mobile, 83 000 en téléphonie fixe et 57 000 sur internet en haut débit. Le Cable, c’est 12 000 clients en haut débit.

Comme avec le câble en Métropole, Altice s'est fait la spécialité de racheter de multiples petits opérateurs et de les agréger afin d'en faire une grosse marque qui compte. La construction est lente, mais efficace. 

Sources : BfmTv (06/2013), Ariase (04/2014), Challenges[/u] (04/2014), France Guyane (04/2014), Actusmédia (10/2011), Domtom-adsl (02/2014), Caribmag (07/2013).

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #310 le: 19 juin 2014 07:09:56 »
Dans le cadre de rachat de SFR par Numericable, il y a dans la corbeille de la mariée SFR une filiale de SFR qui détient quasiment un monopole sur l’Ile de La Réunion.
C’est l’occasion de faire un point sur le marché des télécoms dans les DOM-COM et aujourd’hui plus spécifiquement sur celui de l’Ile de la Réunion

Téléphonie Mobile
Sur l'île de La Réunion et à Mayotte, le marché du mobile se concentre autour de trois opérateurs principaux : Orange, Altice (IZI et Only), et Vivendi (Mediaserv et SRR). Orange détient 33% (+/- 353 000 clients)  du marché du mobile, SRR 56% (+/- 600 000 clients) et Only 11% (/+- 118 000 clients).
 
Avec ce rachat le nouvel ensemble détiendrait 67% du marché. Un vrai monopole (pour lequel SRR a été condamné plusieurs fois) que ne devrait pas laisser passer l’Autorité De La Concurrence. Mediaserv devrait rester dans le giron de Canal+ et pourrait récupérer ce que pourrait céder Altice pour faire passer le rachat de SRR. 

Canal Plus, ne voulant pas se laisser distancer, a racheté Mediaserv (28 000 abonnés à la Réunion et 90 000 sur l’ensemble des DOM) qui se présente comme le 2ème fournisseur d'accès Internet des départements d'outre-mer derrière Orange. Puis en octobre 2013, Altice s'est approprié l'opérateur télécom Mobius qui commercialise la marque Izi (24 000 abonnés Internet).

Le haut débit
Orange reste loin devant avec 75.000 abonnés, pour 48.000 à SRR au 31 décembre 2013 (36 000 à fin 2012), 18 000 à Numericable-Only et 18 000 pour Numericable-Izi.

Après la fusion, l'ensemble SRR-Only-Izi va représenter 86.000 abonnés Internet soit 11.000 seulement de plus qu'Orange. Zeop revendique 10 000 clients et pourrait s’allier à Canal+-Mediaserv et ses 28 000 clients.

Autre chiffre concernant la télévision payante, Canal+ Caraïbes compte 275 000 clients sur l’ensemble des DOM-COM dont 125 000 à La Réunion. MediaServ comptait 62 000 clients internet sur les Caraïbes en juillet 2013

Sources : BfmTv (06/2013), Ariase (04/2014), Challenges[/u] (04/2014), France Guyane (04/2014), Actusmédia (10/2011), Domtom-adsl (02/2014), Caribmag (07/2013).

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #311 le: 20 juin 2014 07:11:43 »
Au cours d’un colloque organisé par le quotidien Les Echos et que relate La Tribune (12/06), l’Autorité De La Concurrence et l’ARCEP sont revenus sur les conditions d’extinction de l’accord d’itinérance. Chacun se refile la patate chaude.

Pour appel, l’Autorité de la concurrence a rendu un avis en mars 2013 (Communiqué de presse, l’avis) sur le sujet et Bouygues Télécom vient d’attaquer l’ARCEP devant le Conseil d’Etat, Bouygues dénonce le manque de clarté de la sortie de l’itinérance 3G qui lie Orange et Free.
Parallèlement, L’ARCEP vient également d’ouvrir une enquête concernant le déploiement de son réseau mobile 3G : "L'Autorité a décidé l'ouverture d'une enquête afin de s'assurer que Free Mobile met en œuvre tous les moyens nécessaires à l'atteinte de son obligation et d'évaluer la réalité d'éventuels obstacles au déploiement". 

Pour l’ARCEP, le contrat d’itinérance 3G entre Orange et Free est un accord de droit privé et n’est pas de son ressort. Pour le régulateur, sa seule mission est de vérifier que Free est dans les clous sur la couverture tel que prévue dans sa licence.

Pour L’autorité De La Concurrence, il s’agit de savoir si la concurrence n’est pas faussée par l’itinérance. Elle a donnée des grandes lignes pour en sortir, mais l’intendance doit être assurée par l’ARCEP : "L'ARCEP peut mettre en demeure Free. Nous regrettons que rien n'ait été fait depuis notre avis. On aurait pu prendre au mot Free et demander la mise en extinction progressive par plaques, dans les régions réputées couvertes (par le réseau propre de Free Mobile NDLR). Ce n'est pas le rôle de l'Autorité de la concurrence, c'est un travail de régulation". Ambiance, ambiance...

L’ARCEP a rappelé qu’elle n’avait toujours pas le pouvoir de sanction (c'est en attente de publication des décrets d'application) depuis que le Conseil d’Etat lui a interdit il y a un an et donc qu’elle ne peut sanctionner Free. Dans l'attente, elle "vérifie que Free est bien sur une trajectoire d'investissement pour tenir ses obligations de couverture de 75% de la population à une échéance très proche, janvier 2015 : c'est demain matin", ajoutant : "A ce stade, on ne sent pas d'enthousiasme à accélérer le calendrier (d'extinction de l'itinérance) chez l'opérateur qui en tire des revenus significatifs (...)Dès 2015, il faudra regarder dans le détail cette extinction par plaque à partir de 2016 ou 2018".

L’itinérance pourrait rapporter à Orange entre 500 et 700 millions par an, soit entre 3,5 et 4,9 milliards sur 7 ans.

Voilà qui ne devrait pas trop brusquer Orange qui déclarait par la voix de Stéphane Richard : "une première fenêtre début 2015" qui va s’ouvrir, mais cette cela va prendre du temps : "On est en train de parler de migration de millions de gens qui se servent quotidiennement de leur téléphone, donc ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ce sont des évolutions qui se font sur plus d'un an".

Le sujet devrait alimenter la chronique lors de ses prochains mois. Tout le planning mis en place peut aussi bouger : si Bouygues est vendu, nul doute que Free récupérera des fréquences, un réseau, des antennes, etc...Il sera alors temps d'aménager le calendrier. 

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #312 le: 23 juin 2014 06:58:32 »
Brèves du sport business et des médias - N° 74
Canal+ vient de perdre son procès contre beIn Sports. Pour rappel, il y a un an, Canal+ avait attaqué BeIN Sports pour « concurrence déloyale » et l’audience devant le Tribunal de Commerce s’était déroulée au mois de mars dernier. Canal+ demandait 300 millions d’euros de dommages à BeIn Sports, en estimant avoir perdu 187 000 abonnés par la faute de la chaine. De son coté, beIN Sports avait demandé 66 millions d’euros de dommages pour dénigrement de son image.

Conclusion, le juge du Tribunal de Commerce a débouté Canal+, selon Bfm tv(18/06) la chaîne a été condamnée à payer 100.000 euros de frais de procédure. Selon les attendus du jugement :
"Canal Plus n'a pas caractérisé l'existence d'un acte de concurrence déloyale constitutif d'une faute (...) Canal Plus ne démontre pas que le prix d'abonnement à BeIN Sports est anormalement bas par rapport aux prix du marché (au contraire) ce prix est en adéquation avec les prix observés sur le marché (...)
Canal Plus ne démontre pas que l'entrée de BeIn Sports sur le marché ait entraîné un renchérissement du prix d'acquisition des droits (Vivendi a) investi des sommes nettement plus importantes que beIN Sports (...)
BeIN Sports a moins investi qu'Orange (...) l'entrée de BeIN Sports n'a pas eu d'impact sur le pourcentage de droits dont dispose Canal Plus dans les meilleures affiches de Ligue 1 (70%), de ligue des champions, du Top 14 de rugby, ou de Premier League britannique
".

Bref, Canal+ n’est pas spécialement bien placé pour la jouer cosette et investit également de fortes sommes pour les droits du foot et du rugby.

"Nous sommes satisfaits de cette décision qui légitime notre politique commerciale et conforte beIN Sports dans son rôle d’animation de la concurrence sur le marché de la télévision payante", a déclaré beIN Sports France dans un communiqué.

Canal+ va-t-il faire appel ? La suite au prochain numéro. Mais comme Canal+ a gardé les lots premiums de la ligue 1 et l’exclusivité des droits du Top 14, il peut aussi penser que le principal est acquis et que la fuite de clients ne se produira pas.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #313 le: 24 juin 2014 07:07:57 »
Achètera ou achètera pas, tel est la question ! En tout cas, c’est celle que se pose Orange sur un rachat de Bouygues Télécom – si celui-ci est vendeur bien sur –
En France, l’Autorité De La Concurrence, l’ARCEP et le Ministère de l’Economie sont pour à conditions de respecter un marché concurrentiel, sous-entendu que Free deviennent plus puissant.  (La Tribune, 12/06).

De son coté, Orange soupèse le pour et le contre.

Pour
- Ne pas laisser l’initiative à Free,
- Augmenter ses parts de marché dans le fixe (potentiellement 48,6%) et le mobile (potentiellement 48,7%),
- Éliminer un concurrent,
- Absorber un personnel jeune et compétent,
- Récupérer un réseau et des fréquences,
- Stopper la guerre des prix, 
- Terminer la consolidation du marché hexagonal en y jouant le rôle pivot.

Contre
- Examen par Bruxelles, car Orange réalise moins des deux tiers de son chiffre d'affaires en France,
- Examen minutieux par Bruxelles du respect des règles concurrentielles,
- Remèdes importants pour respecter ces règles, dont revente d’une grosse partie du réseau et de fréquences à des Mvno, mais plus surement à Free en absence de Mvno forts,
- Risque de renforcer un concurrent.

Conditions et remèdes européens en Allemagne
Selon le quotidien La Tribune (17/06), Orange attend la décision de la Commission Européenne au sujet du rachat d'E-Plus (la filiale allemande de KPN) par Telefonica Deutschland pour 8,6 milliards d’euros. La décision est attendue pour le 10 juillet. Celle-ci devrait donner les conditions et remèdes afin de respecter les règles concurrentielles d'un passage de quatre à trois opérateurs.
Pour un membre du Comité Exécutif d’Orange : "On attend de voir la décision sur l'Allemagne avant de bouger». La dead-line est "la fin juillet : après, si on n'a pas trouvé le bon schéma, on pose les stylos".

Conditions et remèdes européens en Irlande et en Autriche
La Commission Européenne vient de donner son accord au rachat de Telefonica Ireland (quatrième opérateur) par Hutchison (deuxième opérateur) pour 850 millions d’euros. C’est assorti de fortes conditions sur le maintien de la concurrence.
La nouvelle entité fusionnée s'est engagée à laisser entrer dans les mois à venir deux opérateurs virtuels (Mvno) - dont un avant même que le deal ne soit officiellement conclu - avec l'obligation de leur céder jusqu'à 30 % des capacités de son réseau. Enfin Hutchison a promis de poursuivre le partage de réseau existant avec Eircom, le troisième réseau de téléphonie mobile.
Ces conditions sont directement inspirées de celles qui avaient prévalu en décembre 2012 lors du feu vert au rachat d'Orange Autriche par Hutchison.

La voie européenne est compliquée mais pas irréalisable. En attendant, Bouygues Telecom veut mettre en place son plan de relance afin de "se donner les moyens d’assurer son avenir de façon autonome" (La Tribune, 11/06).


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #314 le: 25 juin 2014 07:22:28 »
L’accord de mutualisation entre SFR et Bouygues Telecom va-t-il aller au bout ? Le quotidien Les Echos (25/06) annonce que l’ARCEP aurait rendu un avis négatif sur certains aspects de cet accord.

De quoi s’agit-il ?
En janvier dernier, SFR et Bouygues Telecom ont signé un accord de mutualisation (Le Figaro, 31/01), cet accord prévoit "la création d'une la création d'une société ad-hoc commune, qui gèrera le patrimoine des sites radio mis en commun », d'autre part « la prestation de service de RAN-sharing que se rendront mutuellement les opérateurs en 2G, 3G et 4G sur le territoire partagé".

Depuis, SFR a été racheté par Numericable et Bouygues n’est plus très chaud pour travailler avec SFR et serait tenté par un rapprochement avec Orange. Ce dernier a attaqué cet accord devant l’Autorité De La Concurrence (Les Echos, 30/04) car il craignait que "Bouygues et SFR aillent plus loin que ce qui a été annoncé, et qu’ils partagent leurs fréquences, notamment les précieuses fréquences 800 MHz permettant de couvrir de vastes zones en 4G".

Orange demandait donc que l’application de cet accord soit suspendue en attendant les réponses de l’ARCEP sur cet accord et l’avis de l’ADLC concernant le rachat de SFR par Numericable. Suite à cette saisine, l’ADLC a demandé son avis à l’ARCEP, qui vient donc de répondre. 

La position de l’ARCEP
Le régulateur aurait répondu que la mutualisation des réseaux n’était pas un problème. A ce sujet l’ADLC avait également donné son accord pour une mutualisation des zones non-denses.

Ce qui pose un problème serait l’itinérance 4G de SFR sur le réseau de Bouygues, car cela ne serait pas prévu par les régulateurs. Selon Les Echos : "L’accord SFR/Bouygues est dès lors sur la sellette : l’Autorité de la concurrence pourrait prendre des " mesures conservatoires", c’est-à-dire suspendre les travaux de mutualisation. Elle pourrait aussi se donner le temps d’examiner le sujet au fond. Mais les deux opérateurs, risquant une grosse amende, pourraient geler leur projet par prudence".

Pour l’ARCEP : "(SFR) disposera d’un avantage trop important par rapport aux autres opérateurs qui ont lourdement investi dans leur réseau". On comprend un peu mieux pourquoi SFR fait du surplace sur ses investissements dans la 4G : " Au 1er juin, l’opérateur avait mis en service 1.675 sites, soit à peine plus que Free (1.380), et quatre à cinq fois moins que Bouygues Telecom (6.083) et Orange (6.393)". 

Quelles suites ?   
Reste à connaitre la position de SFR et celle de Bouygues. L’autorité De La Concurrence pourrait rendre son avis sur la saisine d’Orange au mois de septembre. De son coté SFR attend une réponse sur le rachat par Numericable au mois de novembre. En tout état de cause, si cet accord de mutualisation était détricoté, cela serait une possibilité supplémentaire offerte à un rapprochement entre Bouygues Telecom et Orange.

La consolidation n'est pas un long fleuve tranquille. A suivre...

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #315 le: 26 juin 2014 06:57:47 »
L’ARCEP vient de publier son document annuel des investissements et de l'emploi en 2013 des opérateurs de communications électroniques.
C’est l’occasion de faire un rapide bilan sur les grandes masses des investissements de Bouygues Telecom, Free, Numericable, Orange et SFR pour les années 2012 et 2013.
Il faudrait pouvoir affiner sur quels postes sont réalisés ses investissements, mais ces chiffres ne sont pas publiés. Secret industriel oblige.

Les chiffres de l’ARCEP
Ces chiffres sont globaux et détaillent seulement les évolutions liées aux achats de fréquences. Difficile ensuite d’y voir une signification particulière.
 




Alors que les investissements avaient augmentés sur les années 2011 et 2012, ils semblent être stoppés en 2013. L’ARCEP ne donne pas de détails, il est donc difficile d’y voir des raisons particulières. Mais, l’ARCEP semble dire que c’est un relatif bon niveau.

Les chiffres des opérateurs
Le total déclaré dans les résultats des cinq principaux opérateurs s’élève à 6,383 milliards contre 6,530 milliards en 2012. C’est une baisse de 147 millions et de 2,3%.
Il y a donc une différence d’environ 1 milliard avec les chiffres de l’ARCEP, mais cela s’explique car l’ARCEP : «interroge, pour ses observatoires, tous les opérateurs entrant dans le champ de la régulation. L’évolution du cadre réglementaire en 2004 a élargi le périmètre d’enquête, en couvrant également tous les fournisseurs d’accès à internet et les transporteurs de données.»
Là aussi ce sont des chiffres bruts qui ne donnent qu’une indication globale. Il faudrait en savoir un peu plus sur les afin de rendre les analyses un peu plus fines. 

Orange est le seul à avoir augmenté ses investissements en volume entre 2012 et 2013. Ceci dit, c’est Orange qui y consacre la plus petite part de son chiffre d’affaire. Après les besoins et les contraintes ne sont pas les mêmes pour l’opérateur historique qui part de moins loin sur certaines infrastructures. .

SFR a réduit la voilure et son déploiement médiocre dans la 4G en est un signe, sans compter que c’est en 2013 que Vivendi a décidé que SFR ne serait plus dans le périmètre du groupe. Cela n’aide pas à être dynamique concernant les investissements. En pourcentage, cela a quand même augmenté d’un point. 

Bouygues, c’est la soupe à la grimace, c’est une volonté de redresser des comptes dans le rouge en 2012 et donc les investissements est un poste ou il est rapidement possible de faire des économies. C’est une baisse en pourcentage, mais avec une part supérieure à celle d’Orange et égale à celle de SFR.

Free est en baisse. On sait que les investissements dans le très haut débit ont été stoppés et que ceux dans la téléphonie mobile sont souvent dénoncés comme n’étant pas assez dynamique. L’ARCEP vient de déclencher une enquête sur le sujet. En pourcentage cela reste un bon élève du secteur. Faut dire que son réseau mobile est à construire et qu’il ne doit pas mollir. 
 
Numericable a également réduit la voilure, mais reste à un niveau correct. Le rachat de SFR devrait réorienter les investissements du nouveau groupe et notamment là où il y aura des doublons d’investissements entre le câble de Numericable et la FTTH de SFR. 
   

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #316 le: 26 juin 2014 11:03:22 »
L’article du quotidien Les Echos (25/06) annonçant que l’ARCEP aurait rendu un avis négatif sur certains aspects de l’accord de mutualisation signée entre SFR et Bouygues a déclenché quelques réactions (La Tribune (25/06).

Selon, le président de l’ARCEP : "Sur quelques points de détail, nous appelons l'attention de l'Autorité de la concurrence. Mais ce sont des questions de deuxième ordre".

Pour SFR : "La plainte [d'Orange] n'est pas sérieuse. Nous avons présenté l'accord de mutualisation entre SFR et Bouygues Télécom à l'Autorité de la concurrence, qui l'a examiné pendant deux mois et nous a donné son feu vert. Je ne vois pas l'Autorité de la concurrence dire aujourd'hui le contraire".

En fait, l’itinérance 4G serait sur une durée limitée et ne porterait que sur 9% de la population. Bref, SFR ne pourrait pas se prévaloir de la couverture de Bouygues pour vendre ses offres. Cela offre un avantage à SFR, mais cela désavantage-t-il Orange et Free ? SFR aurait reçu des assurances de l’ADLC suer l’ensemble de l’accord. Selon un expert cité par La Tribune : "Cette clause d'itinérance aurait été ajoutée afin de compenser le déséquilibre financier de l'accord au détriment de Bouygues, au réseau 2G/3G plus petit (il opérera 40% du parc mutualisé d'antennes".

Pour Bouygues : "On découvre que la mariée était moins belle, que la qualité du réseau de SFR n'est pas ce que l'on nous avait promis". C’est vrai que la dernière enquête de l’ARCEP sur la qualité des services mobiles n’est pas à l’avantage de SFR.

L’Autorité De La Concurrence devrait rendre son avis au mois de septembre. Si cela ne lui coûte rien, il semble que pour Bouygues cherche à se débarrasser de cet accord qui lui colle au doigt comme le scotch du Capitaine Haddock.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #317 le: 27 juin 2014 07:21:40 »
Grosse actualité pour l'ARCEP cette semaine. C’est l’heure des examens et des bulletins de notes et l’ARCEP vient de publier des statistiques sur la qualité des services mobiles en France Métropolitaine.

Au vu des résultats, pour Orange, c’est un passage avec mention bien, pour Bouygues, c’est le redoublement, pour SFR c’est le triplement. Free devrait être viré et ne plus approcher une antenne à moins de 200 mètres.

Pour visualiser son baromètre, l’ARCEP publie un tableau avec le nombre de critères qui sont jugés au-dessus de la moyenne.       



C'est ridicule pour Free, mais ce n’est pas une surprise, vu les tarifs, faut pas s'attendre à du premium non plus... L’ARCEP vient d’ouvrir une enquête concernant le déploiement du réseau mobile 3G de Free : "L'Autorité a décidé l'ouverture d'une enquête afin de s'assurer que Free Mobile met en œuvre tous les moyens nécessaires à l'atteinte de son obligation et d'évaluer la réalité d'éventuels obstacles au déploiement". Pas sur que cela débouche sur grand-chose. Free joue sur son image et peut encore se permettre d’avoir une qualité médiocre, voire parfois quasi nulle.   

Pour Bouygues et SFR, cela devrait être nettement mieux au regard des tarifs et de l’ancienneté dans le métier...En tant que plus petit opérateur Bouygues s’en sort le mieux, mais que dire de SFR ? De son coté Orange est dans les clous au vu des tarifs et de son ancienneté, c’est plutôt logique.

L’étude de l’ARCEP le montre : plus on investit, plus le réseau est de qualité. Malgré les jérémiades diverses et habituelles des recalés, c'est quand même la première des réalités ! Cette étude devrait être l'objet de campagnes de communication de la part de nos opérateurs et de classements divers et variés pour les associations de consommateurs, mais cela aura-t-il un impact sur le marché du mobile ?

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #318 le: 30 juin 2014 06:58:27 »
Brèves du PIF (Paysage de l'Internet Français) - N°87

Orange Royaume-Uni
Un autre serpent de mer hante Orange ! L’introduction en bourse de sa filiale anglaise détenue à parité avec Deutsche Telekom : EE. 
C’est un sujet qui est sur le tapis depuis fin 2012 et qui a maintes fois été reporté. Le projet devrait être réétudié à l’automne. L’opérateur compte 27 millions de clients dont 2 millions en 4G. EE a lancé la 4G en octobre 2011.

La Poste Mobile
La poste Mobile a conquis plus d’un million de clients sur la marché du mobile et 50 000 sur son 4P Adsl. Avec le rachat de Virgin Mobile par Numericable, La poste Mobile (dont la Poste est propriétaire à 51% et SFR à 49%) est devenu le deuxième Mvno derrière EI Telecom, contrôlé par le Crédit Mutuel (marques Crédit Mutuel Mobile, CIC Mobile, NRJ Mobile), qui aurait entre 1,3 et 1,5 million de clients.
Du fait du rachat de SFR par Numericable, La Poste Mobile, "n'anticipe pas de conséquence" l’acquisition de Virgin montrant plutôt "l'attachement de SFR à préserver son activité avec les MVNO". Pour ce rachat, Numericable dépense 191€ par client. Cela ferait un bon prix pour La poste au cas où Numericable se poserait la question.   

Refarming 1800Mhz
Le Conseil d'Etat a rejeté le recours d'Orange. En juin 2013, Orange avait déposé un recours contre la décision de l’ARCEP d’autoriser Bouygues Telecom à utiliser sa bande de fréquence 1800MhHz dédiée à la 2G pour faire de la 4G. Orange estimait que cette réutilisation n’était pas prévue expressément lors de la vente des licences 4G et que cela offrait donc un avantage spécifique à Bouygues Telecom.
En échange, Bouygues Telecom devra payer une redevance composée d’une part fixe et d’une part variable de 1% de ses revenus 4G. Le total pourrait atteindre 60 millions d'euros par an.
Au regard de la situation actuelle de Bouygues Telecom, cet "avantage" n’aura pas été spécialement décisif pour Bouygues Telecom pour conquérir des parts de marché.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #319 le: 30 juin 2014 11:43:12 »
Sans bruit et sans fureur. (Le Figaro (30/06), Numericable vient de racheter Virgin Mobile pour 325 millions d’euros, les 1,670 000 clients de Virgin Mobile. Cela signe simplement la fin du premier Mvno français et du cinquième opérateur. Reste plus qu’à avoir l’autorisation de l’ADLC et de l’ARCEP.
Suite à ce rachat, le nouvel ensemble - une fois le rachat de SFR terminé  - pourrait peser (avec les chiffres au 31 mars) environ 31,4% du marché du mobile (28,5% pour SFR, 2,6% pour Virgin et 0,3% pour Numericable). A titre de comparaison, Orange détient 36% du marché.
Cela permettra-t-il de relancer le match pour la première place ?

Du coté des Mvno, cela va laisser un vide. EI Telecom, contrôlé par le Crédit Mutuel (marques Crédit Mutuel Mobile, CIC Mobile, NRJ Mobile), qui aurait entre 1,3 et 1,5 million de clients et La poste mobile compterait 1 million de clients.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #320 le: 01 juillet 2014 07:29:00 »
Alors que le rachat de Bouygues télécom est dans l’air depuis quelques semaines, les études se multiplient sur les avantages et les inconvénients d’un rachat par Orange et/ou Free. La dernière en date est celle de la Société Générale dont le quotidien La Tribune publie quelques extraits (La Tribune (27/06).

Au-delà des économies réalisées par les uns et les autres, la banque revient sur les complications pour Orange et Free : "une acquisition potentielle de Bouygues Telecom par Orange n'a aucune logique industrielle", par contre "un mariage de raison (entre Free et Bouygues)" aurait plus de sens : "le scénario le plus réaliste (...) la solution la plus raisonnable".

Pour eux, les inconvénients liés à la régulation d’un rachat par Orange sont trop grands : "dans la mesure où l'entité combinée posséderait 61,7% des antennes 3G et 80,4% des antennes 4G en service à fin mai", le nouvel ensemble aurait "une part de marché de 49% en nombre d'abonnés et de 60% en chiffre d'affaires des services mobiles (...) Orange ne serait pas autorisé à conserver l'activité Entreprises de Bouygues".

Sur le sujet des parts de marché, lors d’une audition devant Commission des Affaires Economiques du Sénat le 21 mai dernier, Stéphane Richard évoquait la possibilité de céder certaines bases de clients afin que le nouvel ensemble pèse 40% dans le mobile (contre 50% avec l’ensemble) et 45% sur le fixe (contre 48% avec l’ensemble). D’autre part, il est régulièrement évoqué une vente (fréquences, réseau, etc…) d’une partie de Bouygues à Free. 

Sur les tarifs, en cas d’un rachat par Free, la banque prévoit même l’abandon du forfait 0/2€ afin de faire remonter l’ARPU de Free Mobile. Il chiffre l’acquisition au minimum à 5 milliards.

Sur la "guerre" commerciale engagée par Bouygues, pour la Société Générale : "si Free devait s'aligner et abaisser ses tarifs ADSL de 10 euros par mois, l'impact négatif sur son chiffre d'affaires et son résultat opérationnel (Ebitda) pourrait atteindre 340 millions voire 685 millions d'euros si la totalité de ses 5,7 millions clients haut débit basculait sur ce nouveau prix".
Si cette hypothèse se vérifie, cela mettrait le ratio à 18,3% sur le CA soit le même que celui de Bouygues. L’Ebitda de Free en 2013 était de 1,204 milliard et un ratio de 32,%1 sur le CA.

Enfin, selon les analystes d'Oddo, les dernières baisses de prix de Bouygues serait uniquement tactique. Il s’agirait pour Bouygues de faire craquer Orange ou Free et de précipiter soit une baisse de prix, soit un rachat. Bref, le principe de la terre brûlée : "au vu de la rentabilité limitée des offres fixes de Bouygues Telecom, nous estimons que le rationnel est essentiellement de précipiter la cession des actifs télécoms de Bouygues, en forçant Iliad [la maison-mère de Free] et/ou Orange à formuler une offre".

Guerre commerciale de Bouygues ? Guerre tactique pour faire bouger les concurrents pour précipiter un rachat ?
Free attend que le prix de Bouygues baisse et Orange attend la décision de la Commission Européenne au sujet du rachat d'E-Plus (la filiale allemande de KPN) par Telefonica Deutschland pour 8,6 milliards d’euros dont la décision est attendue pour le 10 juillet.
Le suite au prochain épisode.


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #321 le: 02 juillet 2014 07:13:04 »
Les peines et les espoirs du déploiement de la Fibre optique dans le département des Hauts-de-Seine.

Les peines
Le déploiement de la fibre dans le département des Hauts-de-Seine prend du retard. La cause ? Sequalum (filiale commune de Numericable et SFR collectivités) l’entreprise délégataire qui est chargée de déployer le très haut débit fibre sur le département dans le cadre de la délégation de service public (DSP).

Le Conseil Général des Hauts-de-Seine a officiellement lancé une procédure de "règlement de différends" contre la société : "Cette procédure amiable prévue au contrat, a été décidée suite aux retards importants pris dans la construction du réseau départemental en fibre optique THD Seine par le délégataire Sequalum". Sequalum dispose de trois mois pour justifier son retard et le non-respect des conditions du contrat auprès du Département avant d’ouvrir d’éventuelles négociations.

Filiale à 80% du groupe Numericable (le reste du capital étant détenu pour par Eiffage par SFR Collectivités), Sequalum s’est vu attribuer en 2007 une concession de 25 ans pour le déploiement et l’exploitation de la fibre optique sur l’ensemble du département des Hauts-de-Seine pour un budget de 422 millions d’euros, financé à hauteur de 59 millions par le Conseil général. Soit 2 600 kilomètres de fibre optique à déployer sur 36 communes pour raccorder 750 000 foyers et 80 000 entreprises et infrastructures publiques. Le tout devait être livré fin 2015. En juin 2013, seules 200 000 prises optiques avaient été déployées.

Pour faire accepter son rachat de SFR, Numericable a promis de respecter les investissements sur le ftth. Mais cela ne devrait pas démarrer franchement tant que la procédure de rachat ne sera pas terminée. We will see.

Source : silicon.fr

Les espoirs
Parallèlement Orange et Sequalum sont autorisés à tester le déploiement de la Fibre Optique dans les zones denses dans lesquelles l’habitat est constitué majoritairement de pavillons et de résidence de moins de 12 logements. C’est le cas à Bois Colombes et la Mairie annonce que c’est Orange qui s‘en charge. D'ailleurs quelques armoires viennent de surgir dans quelques rues.

L’ARCEP a rendu une décision en ce sens au mois de janvier dernier : "l'ARCEP publie une recommandation relative aux modalités de l'accès aux lignes Ftth pour les immeubles de moins de 12 logements ou locaux à usage professionnel des zones très denses, se situant en dehors des poches de basse densité de ces zones (...) La nouvelle recommandation,(...) vise à permettre une couverture de tous les types d'immeubles, quelles que soient leur taille ou la zone considérée (...) Dans cette perspective, l'Autorité recommande, sauf cas particuliers, d'installer des points de mutualisation mono-fibre de 100 lignes pour les immeubles de moins de 12 logements, en dehors des poches de basse densité".   

Pour rappel, les règles du déploiement de la Ftth.



Il n'y a plus qu'à...

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #322 le: 02 juillet 2014 07:35:00 »
Concernant un éventuel rachat de Bouygues Telecom, Orange vient de publier un communiqué et à ce jour, c’est un niet : "Orange a exploré les possibilités de participer à une opération de consolidation du marché français des télécoms, et juge que les conditions que le Groupe avait fixées ne sont pas réunies aujourd’hui pour y donner suite.".

Hier, Martin Bouygues a été auditionné par la commission économique du Sénat (La Tribune, 01/07). Il a bien sur et classiquement attaqué l’ARCEP sur la situation dans la téléphonie mobile et plus particulièrement la situation de Bouygues Telecom et demandé la fin de l’itinérance dont bénéficie Free.
Concernant la consolidation dont Bouygues pourrait être l’acteur, il a déclaré : "Pour le moment il n'y a rien de concret. Arnaud Montebourg a fait des déclarations en ce sens. Si tel ou tel opérateur veut étudier des solutions, pourquoi pas ? Mais pourquoi Bouygues Telecom serait forcément le dindon de la farce ? Parce que le régulateur l'a décidé ? Pour l'instant, rien ne se fait dans ce domaine.".
Une énigme à noter : "Pourtant, j’ai eu l’occasion de fréquenter d’autres régulateurs dans d'autres secteurs d’activité.". Il faudrait en dire plus, quels régulateurs et dans quels pays ? Ce serait certainement instructif.  :)

A ce jour, ce ne sera donc pas Orange. Reste une opération autour de Free ou comme le souligne Martin Bouygues à "préparer Bouygues Telecom à être compétitif dans un monde à quatre opérateurs.".

A suivre donc. 

Edit : dommage qu'Orange ne précise pas quelles sont ces "conditions qui ne sont pas réunies"? De régulation ? De prix ?
A ce sujet, selon la Presse, Bouygues demanderait entre 7 et 8 milliards d'euros pour sa filiale télécoms, Orange offrirait 6 milliards et Free entre 4 et 5 milliards.
« Modifié: 02 juillet 2014 09:58:00 par Hammett »

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #323 le: 02 juillet 2014 11:23:10 »
Stéphane Richard donne quelques explication (La Tribune, 02/07) l'arrêt des discussions avec Bouygues Télécoms :
"L'opération n'était pas évidente : elle devait concilier le passage devant l'Autorité de la Concurrence, et sans doute la Commission européenne, et créer incontestablement de la valeur pour Orange et ses actionnaires. Il fallait aussi trouver une valorisation correcte pour Bouygues Telecom et nécessairement un partenariat très fort avec Iliad [la maison-mère de Free].

Les conditions n'étaient pas réunies sur ces deux points : les demandes de Bouygues étaient trop élevées et Iliad ne voulait pas aller suffisamment loin dans sa participation à une opération. Nous avions exclu dès le départ qu'Iliad se contente de reprendre uniquement le réseau et les fréquences comme dans l'accord signé avec Bouygues en cas de rachat de SFR.
".

Selon la presse, Bouygues demandait entre 7 et 8 milliards d'euros pour sa filiale télécoms, Orange offrait 6 milliards et Free entre 4 et 5 milliards.

Pour Stéphane Richard, le plat pourrait bientôt repasser "peut-être dans six mois, mais ce ne sera pas à notre initiative." Pour lui, SFR-Numericable pourrait en être également.

franckfranck

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #324 le: 02 juillet 2014 12:47:34 »
C'était ma première de visiter votre page et sachez que je ne regrette guère de l'avoir visité. J'ai pu récolter des idées intelligentes sur ce site. Je pense le consulter souvent pour apprécier vos divers bons plans. Franck de site pret personnel

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #325 le: 03 juillet 2014 07:01:44 »
Brèves du PIF (Paysage de l'Internet Français) - N°88

Rachat de SFR par Numericable
Le cours de l’achat de SFR par Numericable se poursuit (ZdNet, 24/06). A l'issue d'un dialogue avec les instances représentatives du personnel concernées, Vivendi, Altice et Numericable annoncent ce lundi avoir signé l'accord définitif de rapprochement entre SFR et Numericable.

Le jour de la réalisation de l'accord, Vivendi recevra 13,5 milliards d’euros (hors ajustements) et conservera une participation de 20 % dans le nouvel ensemble, avec la possibilité de la céder ultérieurement après une période d’incessibilité d’un an. Il pourra également recevoir un complément de prix de 750 millions d’euros en fonction des performances financières futures du nouveau groupe.

L’accord est en cours d’examen par l’Autorité De La Concurrence. SFR attend une réponse pour le mois de novembre.   

Consolidation du marché : l’exemple allemand
C’est fait. E-Plus (la filiale allemande de KPN) va être racheté Telefonica Deutschland pour 8,6 milliards d’euros (La Tribune, 02/07). La Commission Européenne (Communiqué, 02/07) vient de donner son accord.

La filiale allemande de Telefonica propose de céder 30 % des capacités de son nouveau réseau à un ou plusieurs Mvno. Le but est de garder un nombre d’opérateurs conséquents afin d’animer la concurrence et de créer les conditions (fréquences radio et certains actifs) pour qu’un nouvel opérateur puissent entrer sur le marché.

En attendant, le nombre d’opérateurs va passer de quatre à trois. C’est le même schéma qui a été appliqué en Irlande. Depuis le rachat de Virgin Mobile par Numericable, la France manquant de Mvno "puissants", en cas de regroupement, le bénéficiaire d'un partage des ressources n'est pas difficile à trouver.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #326 le: 03 juillet 2014 09:45:57 »
On commence à en savoir un peu plus sur les raisons de l'abandon d'Orange concernant le rachat de Bouygues Télécom. C'est le journal Les Echos (02/07) qui en dit un peu plus.
"C'est entre Orange et Free que le courant n'est pas passé (...) Les deux opérateurs s’étaient plus ou moins mis d'accord pour couper la poire en deux, supporter chacun la moitié du prix total. Mais Free a jugé le montant de 7 milliards trop élevé. De plus, les co-acquéreurs ne se sont pas mis d’accord sur le partage des actifs de Bouygues Telecom.".

Orange ne voulait pas reprendre le réseau, les boutiques et employés, ce qu'était prêt à reprendre Free. Orange voulait également garder la totalité des clients.

"Free souhaitait également reprendre les 2,1 millions d’abonnés fixes de Bouygues Telecom, qu’Orange ne souhaitait pas lâcher. De même, Free et Orange se sont disputés les précieuses fréquences du troisième opérateur. Le constat de désaccord s’est cristallisé au début de la semaine.".

Free a donc trouvé le montant de 7 milliards trop élevés par rapport au partage proposé. Le Yalta des télécoms n'est pas un long fleuve tranquille. Est-ce une partie remise ?

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #327 le: 07 juillet 2014 06:58:03 »
L’ARCEP (le régulateur du secteur des télécoms) vient de publier ses chiffres définitifs concernant le haut et très haut débit. Ils sont arrêtés à fin mars 2014. Ces statistiques permettent de faire le point sur les revenus des opérateurs.

Au premier trimestre 2014, sur le marché de détail, les services mobiles hors taxes et hors ventes de téléphones ont pesé 3,41 milliards d'euros, en baisse de 13,4% sur un an, (après une baisse de 14% entre fin 2012 et fin 2013) contre 3,69 milliards pour les services fixes (-1,9%). Le croisement des deux courbes s'est opéré fin 2013 et s'est amplifié.



La téléphonie mobile avait dépassé le fixe (téléphonie et Internet) pour la première fois au premier trimestre 2005. Ce que notait l’ARCEP lors de sa dernière publication : "le revenu (...) baisse de 14% pour les services mobiles par rapport à 2012. Le revenu trimestriel des services fixes est redevenu, pour la première fois depuis le début 2005, supérieur à celui des services mobiles.".

Le revenu des services mobiles est en recul depuis le deuxième trimestre 2011. Est-ce la revanche du fixe ou plus simplement une victoire par défaut ?

Pour rappel, en prenant en compte les résultats publiés par Bouygues Télécom, Free, Orange et SFR. Sur l’ensemble de l’année 2012, il y avait eu un recul du chiffre d’affaire de 2,5 milliards d’euros : SFR pour 895 M€, Bouygues pour 515 M€ et Orange pour 1,129 M€, compense par un gain d’un milliard.
Sur l’année 2013, il y avait une baisse du chiffre d’affaire total de 3 milliards, soit 1,413 milliards pour Orange, 562 millions pour Bouygues et 1,1 milliard pour SFR et un gain de 600 millions pour Free...La tendance pourrait s'amplifier en 2014, avec la "guerre" des prix lancée par Bouygues Telecom. Une des conséquences est la restructuration en profondeur du secteur.


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #328 le: 08 juillet 2014 07:25:41 »
L’actualité autour du rachat (ou du non-rachat) de Bouygues Telecom a rebondit en fin de semaine dernière.

C’est d’abord Stéphane Richard (Le Figaro, 05/07), qui a déclaré lors d’un forum économique à Aix, que Orange : "n'exclut pas de revenir sur le dossier Bouygues, mais uniquement si on le sollicite (…) Est-ce qu'on peut revenir dans le jeu? Oui, bien sûr, mais pas comme architecte, pas comme arrangeur (…) D'un point de vue concurrentiel, nous ne prendrons pas le risque de repartir sur ce dossier. Mais si quelqu'un d'autre décide de le faire et nous sollicite pour, peut-être, permettre d'élaborer une offre qui peut satisfaire Bouygues, bien sûr qu'on regardera".
Un appel du pied à Free ? A SFR/Numericable ? Un encouragement à Martin Bouygues ? Du poker menteur ?
   
Enfin, une passe d’arme s’est déroulée entre Martin Bouygues et L’ARCEP via son président Jean-Ludovic Silicani.

Morceaux choisis (Zdnet, 07/07) de Martin Bouygues : "L’Arcep a fait une erreur d’analyse lors de l’attribution de la quatrième licence (…) Le bilan aujourd'hui est lourd. Aucun bilan chiffré précis et exhaustif n'existe (…) Y a-t-il eu une véritable étude d’impact de menée avant l’arrivée d’un nouvel opérateur mobile ? Je me le demande vu la situation. Pourtant, j’ai eu l’occasion de fréquenter d’autres régulateurs dans d'autres secteurs d’activité. Eux conduisent de vraies études avant de prendre des décisions structurantes (…) L’Arcep dit qu’elle n’est pas compétente sur les questions d'itinérance. On se moque du monde ! Qui régule le régulateur aujourd’hui ? Il faut que l’Etat assume ses responsabilités".

Martin Bouygues n’a pas tort sur le manque d’étude d’impact lors du lancement du quatrième opérateur. Mais cette étude aurait-elle été à charge ? Pas sûr du tout…’autre part, il serait bon que Martin Bouygues donne les autres régulateurs. Sont-ils en France ?  D’autre part, le plan de réduction des prix sur le fixe et le mobile aurait aussi pu être lancé plus tôt.

Morceaux choisis (Lettre hebdo Arcep n°154, 04/07) de Jean-Ludovic Silicani : sa réponse porte essentiellement sur la demande de Bouygues :  qui régule le régulateur. Pour lui, il y a le Parlement, le Gouvernement et les tribunaux lorsque les décisions de l’ARCEP sont contestées en justice. Sa conclusion est plutôt cinglante : "Pour autant, le régulateur doit décider en toute indépendance et ne doit donc pas être " capturé par un opérateur ", selon l'expression consacrée par les économistes. Parfois, quand un opérateur tente vainement de capturer un régulateur, il s'essaye à le faire indirectement en menant une intense action de lobbying auprès du Gouvernement et du Parlement. L'expérience montre, en tout cas dans le secteur des télécommunications, que les pouvoirs publics ont la lucidité et la sagesse d'être peu sensibles à ces pratiques, qui se révèlent, le plus souvent, contreproductives.".

La défense est incontestable et juste ! Toutefois, l’ARCEP ne peut pas se défausser sur la situation des télécoms. Il a aussi sa part de responsabilités qu’il ne peut complètement passer sous silence. L’arrivée du quatrième opérateur a mis en difficulté Bouygues Telecom, mais aussi les Mvno, mais aussi de larges secteurs de la sous-traitance. Il y a aussi des conséquences sociales qui sont brutales. Les textes et les procédures sont appliquées certes, mais il n’est pas interdit de voir plus loin, sinon, c’est Kafka…

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #329 le: 09 juillet 2014 07:27:52 »
L’ARCEP (le régulateur du secteur des télécoms) vient de publier ses chiffres définitifs concernant le haut et très haut débit. Ils sont arrêtés à fin mars 2014. Ces statistiques permettent de faire le point sur la facture moyenne mensuelle par client.

La facture moyenne (hors taxes):


L’historique de l’évolution de la facture moyenne mensuelle sur le fixe et le mobile.


Le lancement de la 4G n’a pas permis d’endiguer cette baisse. Elle est juste moins pire. Pour les revenus du fixe, La récente « guerre » déclenchée par Bouygues va-t-elle avoir une incidence notable ? Réponse dans quelques mois.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #330 le: 10 juillet 2014 07:15:24 »
Xavier Niel ne s’était pas exprimé publiquement sur une possible consolidation autour de Bouygues telecom. C’est fait (Zdnet, 08/07) : "On est ravis d’un marché à quatre acteurs, on adore la concurrence. Donc quand on aime la concurrence, on n’a jamais envie que le marché se concentre (…).

Maintenant il y a un certain nombre d’acteurs qui pour des raisons qui leur sont propres, ont envie que le nombre d’acteurs diminue, soit par ce qu’ils souhaitent acheter un acteur, soit par ce que certains acteurs souhaitent se vendre, par ce qu’ils n’ont plus de croissance, par ce qu’ils ont fait des erreurs stratégiques.

(Free) se doit de regarder ce qu’il ce passe sur ce marché (…) quand quelque chose bouge, on est toujours là, et toujours disposé à participer à toutes opérations de consolidation sur ce marché là
".

Pas besoin de décryptage, le propos de Xavier Niel est assez clair et comme souvent juste assez humiliant. La presse a évoqué une offre de Free de 5milliards d’euros pour s’offrir Bouygues Telecom, alors que Bouygues en demanderait au moins 8 milliards. Orange de son coté fait la pause et ne devrait  replonger qu’en soutien mais plus en leader. Son offre était de 6 milliards.

Pour que l’opération se fasse, il va falloir que Bouygues baisse son prix et que le(s) repreneur(s) y mette(nt) un peu plus. Pour Free, il va s’agir d’être cynique jusqu’au bout et d’attendre que Bouygues s’enfonce un peu plus.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #331 le: 11 juillet 2014 07:01:30 »
En direct du prétoire – N°5 –

Orange et SFR
C‘est une vieille histoire qui concerne Orange et SFR. En décembre 2012, Suite à une saisine de Bouygues Telecom, l’Autorité de la Concurrence avait notifier une amende de 180 millions d’euros à Orange et pour avoir créé un effet « club » sur certaines offres datant de 2005 et plus commercialisés depuis (Le Figaro, 12/2012). A l’époque cela permettait de ne pas appliquer les fortes terminaisons d’appels à ses propres clients, mais seulement à la concurrence.

Le tableau (Les Echos, 12/2013) publié ci-dessous rappelle la structure des appels à partir d'un mobile et "l'effet club" est semble-t-il une réalité réelle pour beaucoup de clients.   
.

Les deux opérateurs avait fait appel et la Cour d’Appel de Paris vient de rendre son jugement. Finalement la Cour d’Appel a demandé avis à Bruxelles sur "les questions économiques et juridiques présentées par l'affaire" (b]bfmtv[/b], 20/06). Cette demande avait été proposée par SFR. Il y a quelques jours, SRR, la filiale réunionnaise de SFR vient d’être condamnée pour le même motif.

Devant la cour d'appel, SFR et surtout Orange ont violemment contesté la décision de l'Autorité de la concurrence, parlant de "méthode aberrante et arbitraire", "calculs trompeurs", "multiples erreurs de fait", "excès de pouvoir", "violation du principe d'impartialité et de loyauté"...

C’est une première juridique qu’un Tribunal demande un avis directement à la Commission Européenne. La décision est attendue pour les prochains mois. Au nom de la concurrence, ce serait étonnant que la Commission déjuge les décisions précédentes.   

Free
L'opérateur Free et sa maison mère Iliad ont été condamnés jeudi respectivement à 50.000 et 25.000 euros d'amende pour pratique commerciale trompeuse, pour avoir affirmé à tort que les appels de ses clients vers l'étranger étaient illimités.  Les faits concernent la période de mai 2009 à mai 2012 (Le Figaro (10/07). Free va-t-il faire appel ?
« Modifié: 11 juillet 2014 07:04:39 par Hammett »

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #332 le: 11 juillet 2014 09:58:47 »
L'ARCEP et l'Autorité De La Concurrence se font la "gueguerre" depuis des années et l'ADLC vient d'en remettre une couche sur le contrat d'itinérance d'Orange (La Tribune, 11/07). Pour l'ADLC, le problème semble être surtout l'ARCEP.

"L'itinérance doit prendre fin, en 2016 voire 2018. Comment ? Il faut que l'Arcep mette en demeure Free avant l'échéance réglementaire, il faut anticiper et ne pas attendre le dernier moment, pour vérifier qu'il est sur la bonne trajectoire d'investissement (...) Mais nous avons émis des doutes et des craintes sur la pérennisation de l'itinérance, qui crée une situation de dépendance financière d'un côté et stratégique de l'autre. (il ne s'agit) pas de supprimer la licence. en mettant en demeure Free de façon anticipée, avant janvier 2015.".

Pour L'ADLC, la balle est du coté de l'ARCEP : "Nous n'avons vu aucune étude à la suite de cette proposition, aucune proposition concrète, aucune réunion menée par le régulateur pour mettre en place le calendrier et la méthodologie que nous avons suggéré. Nous sommes déçus que rien n'ait été fait depuis un an. C'est un peu dommage (...) On aimerait que ce soit au moins expertisé. Réfléchir à une méthodologie pour envisager une extinction progressive par plaques régionales de l'itinérance, c'est un travail qui ne peut être mené effectivement que par l'Arcep".

La charge de l'ADLC n'est pas nouvelle et la dernière salve date du mois de juin lors d'un colloque organisé par Les Echos. L'ARCEP a même lancé une enquête, et elle : "vérifie que Free est bien sur une trajectoire d'investissement pour tenir ses obligations de couverture de 75% de la population à une échéance très proche, janvier 2015 : c'est demain matin (ajoutant) A ce stade, on ne sent pas d'enthousiasme à accélérer le calendrier (d'extinction de l'itinérance) chez l'opérateur qui en tire des revenus significatifs (...) Dès 2015, il faudra regarder dans le détail cette extinction par plaque à partir de 2016 ou 2018". 

Pour l’ARCEP, le contrat d’itinérance 3G entre Orange et Free est un accord de droit privé et n’est pas de son ressort. Pour le régulateur, sa seule mission est de vérifier que Free est dans les clous sur la couverture tel que prévue dans sa licence.

Pour rappel, la procédure de mise en demeure de l'ARCEP ! Même si elle décide de l'appliquer (mais elle n'a pas encore tous les pouvoirs pour le faire), c'est quand même du light.

Billevesées ? Malaise profond entre régulateur ? Bon, ces deux là ne devraient pas s'envoyer des cartes postales de leurs vacances. Les devoirs de vacances vont être à l'ordre du jour.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #333 le: 14 juillet 2014 07:21:27 »
Ah oui...Quand même !! (N°33)

Récapitulatif du marché des tablettes
Comme sur le marché des Smartphones, il y a Apple et Samsung et le reste du monde. Sur la tablette, c’est toujours Apple qui domine le marché, mais il perd du terrain. Le marché est lui en forte croissance.



Sur le premier trimestre, la progression n’est plus que de 3,9% en un an, alors qu’elle était de 28,2% au quatrième trimestre 2013, selon une estimation d’IDC. L’essor des smartphones à grand écran et un moindre renouvellement pourraient expliquer ce ralentissement.

Au total 50,4 millions de tablettes ont été écoulées dans le monde au cours des trois premiers mois de l'année.
Le groupe américain Apple conserve la première place avec 16,4 millions d'iPad vendus, soit 32,5% du marché. Sa part de marché est toutefois en baisse comparé à début 2013, où il affichait encore une part de 40,2%, de même que par rapport au dernier trimestre 2013 où il représentait 33,8% du marché.

Le numéro deux du marché, le sud-coréen Samsung, pointe à 22,3% avec 11,2 millions de tablettes vendues. C'est en recul sur un an (32%) mais mieux qu'au trimestre précédent (18,8%).
Le distributeur en ligne Amazon, dont le Kindle Fire avait enregistré de bonnes ventes de Noël, est retombé de la troisième à la cinquième place, avec seulement 1 million d'unités vendues au premier trimestre contre 5,8 millions sur les trois mois précédents, et une part de marché ramenée de 7,6% à 1,9%. Il a été dépassé par les groupes taïwanais Asus et le chinois Lenovo, qui s'adjugent respectivement au premier trimestre 5% et 4,1% du marché mondial.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #334 le: 15 juillet 2014 06:57:14 »
Avant de partir faire bronzette, Bruno Lasserre – le président de l’Autorité De La Concurrence – a donné un bilan de l’action de l’ADLC sur les 12 derniers mois. Il est également revenu de nouveau sur la consolidation dans les télécoms (Les Echos, 10/07)et la position de l’ADLC. 

SFR/Numericable
"Un examen approfondi devrait être décidé à la fin du mois, et les travaux nécessaires pour mesurer l’impact concurrentiel de ce rapprochement débuteront dans la foulée.
Le collège de l’Autorité se réunira ensuite au mois d’octobre pour examiner le diagnostic établi et les remèdes éventuels qui seront proposés. La décision finale sera prise à l’automne. Les sages de la rue de l’Echelle donneront dans le même temps leur avis sur le rachat de Virgin Mobile par Numericable.
".
Tout devrait être réglé avant la fin de l'année.

Vente de Bouygues
Alors qu’en Allemagne, Autriche et en Irlande le nombre d’opérateurs va passer de 4 à trois en échange d’une plus grande ouverture aux Mvno, Pour Bruno Lasserre, il y a "des facteurs communs entre les différents pays de l’Union, mais les entreprises elles-mêmes sont particulières (...) Il faut donc adapter les remèdes pratiqués à la spécificité de notre marché (...) La consolidation donnera de toute façon de nouveaux avantages concurrentiels aux Mvno".

Sur BfmTv (10/07) il est revenu plus en détails sur la situation : cela "imposerait d'importantes concessions d'Orange (...) C'est une configuration inédite en Europe. Il n'y a pas eu [jusqu'à présent] de consolidation autour du leader (...) Ce n'est pas à moi de décider s'il doit y avoir fusion. Je n'ai pas à dire s'il faut revenir à trois opérateurs. Je n'ai pas de préférence". Pour lui, ce qui compte avant tout, c’est l’animation du marché.


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #335 le: 16 juillet 2014 06:59:31 »
Brèves du sport business et des médias - N° 76
Dans la guerre des droits tv à laquelle se livrent Canal+ et beIN Sports, le magazine l’Equipe du 19 avril a publié un récapitulatif des forces en présence.
Au fil du renouvellement de différents droits, BeIn Sports augmente sa facture de 27% à partir de 2016, pour Canal+, l’augmentation va être de 26%. En proportion, les droits de BeIN Sports vont continuer à représenter 48% de ceux de Canal+



Le site Electron Libre (25/02), annonçait que les abonnements individuels aux chaines Canal+ seraient de 4,2 millions sur un total de 6,1 millions d’abonnés individuels, le reste, soit 1,9 millions étant des abonnés à CanalSat. Avec les professionnels, Canal+ et CanalSat comptent environ 9,5 millions de clients en France. Avant la Coupe du Monde, beIN Sports était à 1,7 million d’abonnés et pourrait avoir dépassé les 2 millions de clients.

A titre de comparaison, à noter quelques chiffres sur le nombre de clients à une offre de tv payante.
En Angleterre, BT Sport compte 2,5 millions et Sky Sport 10,5 millions.
En Allemagne, Sky Deutschland compte 3,7 millions.
En Italie, Sky Italie compte 4,7 millions et Mediaset compte 2,2 millions.
En Espagne, Gol T compte 240 000 clients et Canal+ Espagne (pas de liens avec Canal+, propriété de Telefonica) compte 1,6 millions. Plus de détails à lire ici (Le Figaro, 19/04).

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #336 le: 17 juillet 2014 07:06:42 »
Le quadruple-play se développe doucement mais surement. C’est ce qu’a mesuré l’ARCEP au cours de l’une de ses enquêtes annuelles. Ces derniers chiffres datent de juin 2013 et montrent que 45% des abonnements seraient concernés, contre 30% en juin 2012. 2014, sera-t-elle l’année ou ces offres convergentes deviendront majoritaires ?
De plus, pour 34% des abonnements, cela s’accompagne d’une réduction de la facture. Que l’abonnement fixe ou mobile soit lié ou non. 



Le rachat de SFR par Numericable devrait augmenter ces chiffres, Numericable se proposant de développer les offres convergentes fixe/mobile avec l’arrivée du très haut débit.

Chez Orange, le nombre de clients avec une offre Open est de 5,163 millions au 31 mars. C’est le toujours le moteur de croissance d’Orange. 4 ans après son lancement, Open représentent 50,9% de sa base clientèle.

Chez Free, au 31 mars selon les dernières indications publiées, cela pourrait représenter +/- 50% des 5,711 millions de clients, soit un total de 2,920 millions de clients.

Chez SFR, au 31 mars, cela représente 2,483 millions sur un total de 5,252 millions, soit 47,3% de sa base clientèle.

Chez Bouygues, pas de chiffres, mais Bouygues s’étant beaucoup développé avec Idéo, cela doit représenter une bonne partie de ses 2,113 millions de clients actuels.

Dernièrement La Poste Mobile annonçait 50 000 clients ayant un abonnement fixe et mobile, cela ne représente que 5% de sa base clientèle. Faut dire, que c’est une offre peu mise en avant.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #337 le: 18 juillet 2014 07:10:51 »
Brèves du sport business et des médias - N° 77

Droits TV du Calcio
La Ligue italienne a mis en vente (Mediasportif, 29/06) les droits tv de la Serie A en Italie pour la période 2015-16 à 2017-18. Ce nouveau contrat devrait rapporter à la ligue italienne environ 945 millions d’euros par an (573M€ de la part de Sky et 373M€ de Mediaset), soit  environ 114 millions d’euros de plus que le précédent. Il reste encore deux lots à vendre dont les droits mobiles et internet.

Il faut rajouter les droits internationaux qui rapportent 100 millions par an, soit un total de 1,045 milliard. En France, jusqu'en 2015, beIN sports et Canal+ payent 22 millions par an (avec les droits de la Bundesliga) pour la diffusion du Calcio. 

Cela en fait le deuxième championnat le plus cher. A titre de comparaison, le premier championnat est la Premier League anglaise. Le marché intérieur lui rapporte 1,350 milliard et les droits internationaux près de 800 millions d’euros, soit un total de 2,150 milliards. En France, pour le diffuser, Canal+ paye 50 millions par an jusqu’en 2016.   

En France, pour rappel, la LFP va recevoir 748,5 millions au lieu de 628 millions dans l’accord précèdent. Les droits à l’international vont passer de 32,5 millions actuellement à 80 millions à partir de 2018. A partir de 2018, le total sera de  828,5 millions d’euros par an.

Top 14
Le feuilleton rebondit. Comme annoncé il y a quelques semaines, beIN Sports avait saisi l’Autorité de la concurrence contre la Ligue Nationale de Rugby (Les Echos, 18/03), car la chaîne contestait l’attribution à Canal+ des droits télévisuels du championnat de France de rugby.

Sans appel d’offres, la chaîne cryptée avait en effet obtenu l’exclusivité de la compétition pour les cinq saisons à venir, moyennant 355 millions d’euros. En janvier, BeIN Sports  avait prévenu qu’elle se réservait "le droit d’intenter toutes les actions pour faire valoir ses droits, (regrettant) l’absence de respect d’une procédure transparente de mise en concurrence équitable et loyale".

Selon Le Figaro (10/07) : "L'autorité de la concurrence va rendre d'ici à la fin du mois de juillet une décision « importante » concernant la guerre entre BeIn sports et Canal+ sur des droits sportifs.".

De quoi remettre en cause la "procédure d'attribution" ? Ou de la limiter dans le temps et d'arrêter le "maquignonnage" ?

Enfin, les droits tv de la Coupe d’Europe de Rugby n’ont toujours pas été attribués. Les dernières nouvelles indiquaient que le prix de réserve de 27 millions demandé par la LNR n’avait pas été atteint, malgré les offres de France TV, Canal+ et beIN Sports.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #338 le: 21 juillet 2014 06:56:31 »
L’Autorité De La Concurrence souhaite que l’ARCEP mette en demeure Free sur l’itinérance qui lie Free à Orange sur la 2G et la 3G (La Tribune, 11/07) : "L'ARCEP peut mettre en demeure Free. Nous regrettons que rien n'ait été fait depuis notre avis. (…) Ce n'est pas le rôle de l'Autorité de la concurrence, c'est un travail de régulation".
Réel coup de semonce ou billevesées ? Quels sont les arguments des uns et des autres ? Qu’est-ce qu’une mise en demeure ?

Première partie : les arguments de l'ADLC et de l'ARCEP.

Du coté de L’ADLC
Pour appel, l’Autorité de la concurrence a rendu un avis en mars 2013 (Communiqué de presse, l’avis) sur le sujet.
Sur la 2G, l'itinérance court jusqu’en janvier 2016, mais pour l'Autorité de la Concurrence ce sera modulable en fonction de l’état du parc : "C’est à l’aune de cette évolution qu’il conviendra d’apprécier s’il est approprié de demander à Free de réaliser la migration de son parc avant les autres opérateurs, ou si une solution d’itinérance 2G encadrée est moins susceptible de fragiliser la dynamique concurrentielle."
Pour la 3G, c’est  2018, mais c'est dénonçable par un signataire (Free et/ou Orange) à partir de 2016. Selon les termes de sa licence, Free s’est engagé à couvrir, par son réseau propre, 75% de la population dès 2015 et 90% en 2018. Il devrait donc de lui-même demander à sortir de l’itinérance au fil de l’eau.

"L'itinérance doit prendre fin, en 2016 voire 2018. Comment ? Il faut que l'ARCEP mette en demeure Free avant l'échéance réglementaire, il faut anticiper et ne pas attendre le dernier moment, pour vérifier qu'il est sur la bonne trajectoire d'investissement (...) Mais nous avons émis des doutes et des craintes sur la pérennisation de l'itinérance, qui crée une situation de dépendance financière d'un côté et stratégique de l'autre. (il ne s'agit) pas de supprimer la licence en mettant en demeure Free de façon anticipée, avant janvier 2015.".

Pour L'ADLC, la balle est du coté de l'ARCEP : "Nous n'avons vu aucune étude à la suite de cette proposition, aucune proposition concrète, aucune réunion menée par le régulateur pour mettre en place le calendrier et la méthodologie que nous avons suggéré. Nous sommes déçus que rien n'ait été fait depuis un an. C'est un peu dommage (...) On aimerait que ce soit au moins expertisé. Réfléchir à une méthodologie pour envisager une extinction progressive par plaques régionales de l'itinérance, c'est un travail qui ne peut être mené effectivement que par l'ARCEP".

Du coté de L’ARCEP
Pour l’ARCEP, le contrat d’itinérance 3G entre Orange et Free est un accord de droit privé et n’est pas de son ressort. Pour le régulateur, sa seule mission est de vérifier que Free est dans les clous sur la couverture tel que prévue dans sa licence.

L’ARCEP vient de lancer une enquête et "vérifie que Free est bien sur une trajectoire d'investissement pour tenir ses obligations de couverture de 75% de la population à une échéance très proche, janvier 2015 : c'est demain matin", ajoutant : "A ce stade, on ne sent pas d'enthousiasme à accélérer le calendrier (d'extinction de l'itinérance) chez l'opérateur qui en tire des revenus significatifs (...) Dès 2015, il faudra regarder dans le détail cette extinction par plaque à partir de 2016 ou 2018".

L’ARCEP vient également d’ouvrir une enquête concernant le déploiement de son réseau mobile 3G : "L'Autorité a décidé l'ouverture d'une enquête afin de s'assurer que Free Mobile met en œuvre tous les moyens nécessaires à l'atteinte de son obligation et d'évaluer la réalité d'éventuels obstacles au déploiement".

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #339 le: 22 juillet 2014 06:51:28 »
L’Autorité De La Concurrence souhaite que l’ARCEP mette en demeure Free sur l’itinérance qui lie Free à Orange sur la 2G et la 3G (La Tribune, 11/07) : "L'ARCEP peut mettre en demeure Free. Nous regrettons que rien n'ait été fait depuis notre avis. (…) Ce n'est pas le rôle de l'Autorité de la concurrence, c'est un travail de régulation".
Réel coup de semonce ou billevesées ?

Deuxième partie : Qu’est-ce qu’une mise en demeure ? Quelles pourraient être les suites ? 

Mise en demeure : c’est quoi ?
La mise en demeure de l'ARCEP est la première étape avant une éventuelle sanction :
"Lorsqu’elle constate qu’un opérateur est susceptible d’avoir commis un manquement aux obligations qui s’imposent à lui en vertu du code des postes et communications électroniques (CPCE) ou d’une décision d’attribution de fréquences, l’Autorité peut décider de faire application de l’article L.36-11 du CPCE. Deux étapes sont à distinguer.
Après avoir reçu les observations de l’opérateur, et si le manquement en cause persiste, l’ARCEP ne prononce pas immédiatement une sanction. Elle ne peut, dans un premier temps,  que mettre en demeure l’opérateur de faire cesser son manquement dans un délai déterminé.
C’est seulement si l’opérateur ne respecte pas cette mise en demeure préalable dans le délai fixé que le collège de l’Autorité, après notification des griefs et audition des représentants de l’opérateur, peut décider, en fonction de chaque situation particulière, de prononcer une sanction.
".

En décembre 2009, Orange et SFR avait été mis en demeure par l’ARCEP pour non respect de leurs engagement concernant la couverture 3G.
Orange France couvrait 87%, SFR 81% et Bouygues Telecom 80% de la population métropolitaine en 3G. L’ARCEP avait mis en place un calendrier de suivi précis du taux de couverture qui se terminait en décembre 2013. Les opérateurs avaient obtempéré et cela n’avait pas été plus loin.

Le bilan de l’ARCEP au 1er juillet 2012, indique que les trois opérateurs de réseaux 2G (Orange France, SFR et Bouygues Telecom) couvrent chacun plus de 99% de la population. En 3G, Orange France et SFR couvrent plus de 98% de la population, Bouygues Telecom près de 95% et Free Mobile 37% de la population.

Le bilan au 1 juillet 2014, les trois opérateurs de réseaux 2G (Orange France, SFR et Bouygues Telecom) couvrent chacun entre 99,1% et 99,7% de la population. En 3 G, Bouygues couvre 96,5%, Orange et SFR 99%.

Alors ?
Même si L’ARCEP voulait passer à l’étape sanction, elle ne le pourrait pas. L’ARCEP a récemment rappelé qu’elle n’avait toujours pas le pouvoir de sanction (c'est en attente de publication des décrets d'application) depuis que le Conseil d’Etat lui a interdit il y a un an et à ce jour ne peut donc pas sanctionner un opérateur.

Il est de notoriété publique que les rapports entre l’ADLC et L’ARCEP sont parfois tendus. L’itinérance de Free en est la démonstration. Le sujet devrait alimenter la chronique pendant encore quelques mois. Toutefois, si Bouygues Telecom était vendu et si Free venait à récupérer un réseau et des fréquences, nul doute que le calendrier serait revu.

La philosophie de la régulation n’est pas de taper fort lorsque le marché est concurrentiel. Une mise en demeure peut éventuellement affecter l’image d’un opérateur, mais de là à affecter sa part de marché, il y a de la marge. L’exemple de SFR et d’Orange en 2009 en est l’exemple.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #340 le: 23 juillet 2014 09:20:47 »
Brèves du sport business et des médias - N° 78
L’Equipe (24/04) a publié un récapitulatif des droits TV. Il y a ceux déjà attribués pour quelques années et ceux qui viennent à échéance.

Football :
Serie A : 2012-2015 (beIN Sports/C+)
Liga : 2012-2015 (beIN Sports)
Bundesliga : 2012-2015 (beIN Sports/C+)
Premier League : 2013-2016 (C+)
MLS : 2015 (C+)
Coupe d’Afrique des Nations : 2015 (C+)
Coupe de la Ligue 2012 - 2016 (FTV)
 
Ligue 1 : 2016-2020 (C+/beIN Sports)
Ligue des Champions : 2015-2018 (C+/beIN Sports)
Europa League : 2015-2018 (beIN Sport + 1 match/j sur W9)
Equipe de France  Matchs amicaux et de qualification : 2014-2018 (TF1)
Espoirs et Equipe de France Féminine : 2014-2018 (D8/D17)
Coupe de France : 2014-2018 (FTV, Eurosport)
 
Rugby :
H Cup : en attendant la refonte de la compétition pour 2014-2015 (FTV, C+) et Amlin Challenge Cup (FTV, Eurosport)
Pro D2 : 2016 (FTV, Eurosport, C+)
Tournoi des 6 Nations : 2017 (FTV)
Top 14 : 2014-2019 (C+)
 
Basketball :
Equipe de France : 2015 (C+)
NBA : 2016 (beIN Sports)
Euroligue : 2017 (beIN Sports)
Pro A : 2017 (C+)
Coupe de France : 2017 (C+)
Semaine des As : 2017 (C+)
 
Tennis :
Open Australie : 2012-2016 (Eurosport)
US Open : 2012-2017 (Eurosport)
Masters 1 000 et 500 : 2014-2018 (beIN Sports, sauf Bercy et Monte Carlo sur C+)
Wimbledon : 2014-2018 (beIN Sports)
Roland Garros : 2014-2018 (FTV, Eurosport)
 
Cyclisme :
Vuelta : Eurosport jusqu'en 2015
Tour des Flandres: France Télévisions et Eurosport jusqu'en 2016
Courses italiennes UCI Pro Tour : Milan San Remo, Tirreno-Adriatico, Giro et le Tour de Lombardie 2016 (beIN Sports)
Tour de France : 2020 (FTV, Eurosport)
Paris-Nice, Critérium du Dauphiné, Paris Roubaix, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège : France Télévisions jusqu'en 2020 et Eurosport jusqu'en 2019
 
Formule 1 : 3 saisons 2013-2015 (C+)
 
Handball
Matches des équipes de France masculine et féminine, championnat de France féminin et Coupe de la Ligue féminine : 2017 (C+)
Ligue des Champions (H/F) : 2017 (beIN Sports)
Championnats du monde 2015 et 2017 (H et F) (beIN Sports)
D1 France et coupe de la Ligue : 2014-2019 (beIN Sports)

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #341 le: 24 juillet 2014 06:49:46 »
Espiègle, voit l’esprit joueur, Bfmtv (13/07) a ressortit quelques textes signés Bouygues Telecom au sujet de la concurrence et de l’introduction d’un nouvel entrant. En l’occurrence, lorsque que le nouvel entrant était lui-même, pas Free…Le discours pourrait être celui du dernier entrant (sans le coté suragité) ou de l’ARCEP…
C’est un texte de 2006 et destiné à l’Union Européenne. Florilège.

"Les derniers entrants sont les garants d’une concurrence effective pérenne sur le marché de la téléphonie mobile. Ce constat a conduit les régulateurs à introduire systématiquement de nouveaux acteurs sur le marché à l’occasion de chacune des évolutions technologiques. Tout marché sur lequel seuls deux acteurs sont présents conduit naturellement à l’établissement d’un cosy monopoly, où les prix restent élevés et la concurrence quasi inexistante"

"Les derniers entrants ont largement contribué à la baisse des prix de la téléphonie mobile. Ils ont régulièrement joué le rôle d’agitateur. Ils ont également massivement contribué à l’emploi et à l’innovation"

"Il appartient au régulateur de tenir le plus grand compte de la situation particulière des derniers entrants, de leur fragilité et des risques pesant sur leur pérennité"

Comme on dit au cinéma : "Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.".

Petite séquence détente (au second degré). ;)


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #342 le: 25 juillet 2014 07:41:05 »
Avant la publication des chiffres du deuxième trimestre 2014, un rappel sur les chiffres arrêtés au 31 mars 2014.

Première partie : haut et très haut débit

1 - Calendrier de publication des résultats du deuxième trimestre 2014
Orange, le 29 juillet (avant bourse).
Numericable, le 5 août (avant bourse).
SFR, le 28 août (avant bourse).
Bouygues Télécom, le 28 août (avant bourse).
ARCEP, le 4 septembre.
Free , ??? (avant bourse).

2 - Nombre d’abonnements haut et très haut débit (chiffres ARCEP)




Sur le très haut débit

Hors FTTH
Hors FTTH, il y a 1,510 000 clients dont 377 000 clients pour Bouygues et donc 1,049 000 pour Numericable, soit une part de marché de 90,4%. Par défaut, le VDSL2 pourrait représenter au maximum 152 000 contre 106 000 clients pour le T1. Mais, il n'y a pas de statistiques spécifiques sur ce segment.

FTTH
Orange annonçait avoir atteint 365 000 clients pour un total de 638 000 abonnements comptés par l’ARCEP, soit une part de marché de 57,2% (59,1% pour le T4, 58,7% pour le T3, 57,6% pour le T2 et 56,4% sur le T1 et 56,0% au T4 2012.
SFR compte 221 000 clients, soit une part de marché de 34,6% (36,5% pour le T4).


En défalquant Orange et SFR des abonnements FTTH recensés par l’ARCEP, il reste 52 000 abonnements, soit une part de marché de 8,2% à se partager donc entre les autres opérateurs, soit sur cette technologie, essentiellement Free et de petits opérateurs locaux.



Récapitulatif sur le très haut débit 
- Numericable, 1,049 000 million d’abonnements soit 47,3% du total (50,3% au T4, 55,2 au T3, 56,8% au T2),  

- Bouygues Telecom, 377 000 soit 17,0%(17,6% au T4, 18,1% au T3, 18,1% au T2),

- Orange, 365 000 soit 16,5%(15,4% au T4, 14,8% au T3, 13,5% au T2),

- SFR, 221 000 soit 9,9% (9,5 % au T4, 7,6% au T3, 7,1% au T2), 

- Autres (dont Free) 204 000 soit 9,2% (7,1% au T4, 4,3% au T3, 4,5% au T2).

Total : 2,216 000 millions d’abonnements.

Source : observatoire de l’ARCEP arrêté à fin décembre 2013.

3  - Récapitulatif calculé à partir des communiqués des FAI
La ligne "autres" est calculée en prenant la différence entre le nombre d’abonnements calculé par l’ARCEP et le nombre total publié par les FAI. Pour les autres FAI, les chiffres sont ceux publiés annoncés lors de la présentation des résultats trimestriels.



4  - Parts de conquête
Quelques statistiques sur les parts de conquête. Cela indique le gain (ou la perte) de nouveaux clients en ADSL et Fibre Optique.

Gain de nouveaux clients sur le premier trimestre 2014
Bouygues : 100 000 soit 39,5% en part de conquête.
Orange : 31 000, soit 12,2%.
Iliad : 71 000 soit 28,1%.
SFR : 43 000, soit 17,0%.
Numericable : 8 000 soit 3,2%.
Total 253 000


Gain de nouveaux clients sur l’année 2013
Iliad : 276 000, soit 30,3% en part de conquête.
Orange : 215 000, soit 23,6%.
SFR : 182 000, soit 20%.     
Bouygues Telecom : 168 000, soit 18,5%.
Numericable : 69 000, soit 7,6%.
Total 910 000

Gain de nouveaux clients sur le quatrième trimestre 2013
Bouygues : 72 000 soit 27,3% en part de conquête.
Orange : 62 000, soit 23,5.
Iliad : 60 000 soit 22,7%.
SFR : 48 000, soit 18,2%.
Numericable : 22 000 soit 8,3%.
Total 264 000

5 - Accès à la télévision (chiffres ARCEP)

Spécifiquement, Orange revendique 5,708 000 clients avec un accès actif à la TV. Les autres FAI ne communiquent pas de chiffres.

6 - Bas débit (chiffres ARCEP)

Sur 141 000 clients, Orange en revendique 80 000. Les autres FAI ne communiquent pas de chiffres.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #343 le: 28 juillet 2014 06:35:35 »
Avant la publication des chiffres du deuxième trimestre, un rappel sur les chiffres arrêtés au 31 mars 2014.

Deuxième partie : la téléphonie mobile

1 - Nombre de clients à un service mobile (ARCEP)


2 - Récapitulatif calculé à partir des communiqués des Opérateurs
Les Mvno sont indiqués à part.

Parce que seul Orange publie des résultats détaillés concernant les Mvno hébergés sur son réseau. Depuis l’arrivée de Free, SFR et Bouygues ne publient plus les résultats de leurs Mvno. SFR ne donne que ses résultats propres et Bouygues additionne ses résultats avec ceux de ses Mvno.

Les chiffres des Mvno sont ceux donnés par l’ARCEP lors de son récapitulatif trimestriel. Le nombre de clients de Bouygues est recalculé en fonction du nombre total hors Mvno défalqué des chiffres d’Orange, SFR et Free.



Les résultats sont exprimés en milliers de clients et basés sur les communiqués des opérateurs.

Pour rappel, les quelques chiffres connus sur quelques Mvno :   
Virgin 1,670 000 millions de clients, NRJ +/- 1,4 million, LycaMobile +/- 1million, La Poste 1,000 000, Ortel 250 000,  Prixtel 120 000,  Zéro Forfait 90 000, Numericable 202 000, Budget Telecom 25 000.

Mvno
Orange héberge 1,424 000 clients pour le compte de Mvno contre 1,561 000 au 31 mars, 1,639 000 au 31 décembre, 1,634 000 au 30 septembre, 1,658 000 au 30 juin, 1,849 000 au 31 mars, 2,288 000 au 31 décembre 2012 et 3,062 000 au 31 mars 2013. C’est le seul opérateur qui donne des chiffres sur ses clients Mvno. Bouygues Telecom et SFR ne donnent pas de chiffres. Free n’en a pas.

8,455 000 millions de clients ont souscrit à un service mobile auprès d’un Mvno, soit une hausse 338 000 (+4,2%) pour le premier trimestre 2014, contre une hausse de 202 000 (+5,2%) à fin décembre 2013, hausse de 15 000 (+0,2%) pour le T3, de 151 000 (1,9%) sur le T2, de 27 000 (+0,4%) au T1 2013.
Les Mvno représentent  11,3 du marché total de ce trimestre contre 11,0% du marché total sur le T4,  de 10,9% pour le T3, T2 et T1 2013.

3 – Numéros mobiles portés (ARCEP)
45,5% des abonnements sont désormais libres d'engagement, contre 44% au T4, 41% au T3, 39% au T2 2013, 36% au T1 2013 et 29% au T2 2012. En douze mois, le nombre de personnes sans engagement est ainsi de 17,7 millions à 26,2 millions. Free Mobile, mais aussi Sosh, B&You et Red sont passés par là.

Le nombre de numéros mobiles portés est de 1,363 000 contre 1,547 000 au T4,  1,320 000  au T3, 1,405 000 au T2 2013, 1,851 000 pour le T1 et de 1,293 000 au T3 2012. C’est du même niveau qu’avant l’arrivée de Free Mobile. Cela représente 2,5%, contre 2,9% à fin décembre 2013 et 3,6% à fin mars 2013 3,9% à fin décembre 2012 et 5,7% en mars 2012.

Le taux de résiliation pour les forfaits est en baisse et retrouve son niveau moyen de 2011. Il est de 4,2% contre 4,7% à fin décembre 2013, 4,1% au T3 2013, 4,5% au T2 2013, de 5,3% au T1 2013 et de 4,7% au T3 2012. Par contre, pour ce qui concerne le prépayé, ce taux est de 20,8%, de 17,4% au T2, de 18,1% au T1 2013 et 15,5% au T3 2012.

4 – Situation des opérateurs historiques suite à l’arrivée de FreeMobile



*F = forfait/postpayés et P = prépayé. Les résultats sont en milliers et basés sur les communiqués des opérateurs.

5 – B&You, Red et Sosh
Sosh compte 2,065 000 clients, soit 7,7% de sa base clientèle et 9,8% de ses clients avec un forfait. Il y a un an c’était respectivement 2,9% et 2,0%. B&You compte 1,876 000 clients soit 16,9% de sa base clientèle et 18,9% de ses clients avec un forfait. Red (chiffres du 31 décembre) compte 1,700 000 clients soit 8% de sa base clientèle et 10,1% de ses clients avec un forfait.
« Modifié: 28 juillet 2014 11:43:44 par Hammett »

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #344 le: 29 juillet 2014 07:27:30 »
Orange vient de présenter ses résultats au 30 juin 2014. C’est dans la lignée du premier trimestre sur le fixe : baisse sur l’ADSL et montée en charge du FTTH. Dans le mobile, c’est plutôt bon sur les forfaits, mais une nouvelle fois catastrophique sur le prépayé

En France, la baisse du chiffre d’affaires ralentit avec -4,6 (-4,9 sur le T1 et -6,2% sur le T4). L’amélioration relative concerne à la fois les services mobiles et les services fixes. Le bénéfice net du groupe baisse de 30%. Le taux de marge, reste identique. 

Les résultats sont exprimés en milliers.



Fixe
La Fibre Optique est en augmentation de 50 000 clients sur le trimestre, après une augmentation de 47 000 sur le T1 et de 46 000 pour le T4. Le nombre de clients ADSL est en baisse de 13 000, après une baisse de 20 000 sur le T1.

Téléphonie mobile
Il y a un petit gain de 6 000 clients  grâce aux forfaits qui gagne 190 000 nouveaux clients (+130 000 M2M et +60 000 pour le reste), alors que le prépayé poursuit sa chute.
Sosh continue de progresser.  Les clients Origami et Open représentent 59% de la base clientèle contrats grand public.
Les Mvno ne représentent plus que 1,311 million, en baisse de 113 000 sur le trimestre (-7,9%). A ce rythme, il passera en dessous du million à la fin de l’année.   

Lors des trimestres précédents Orange avait:
Gagné au T1 14 000 clients, 281 000 forfaits et -267 000 en prépayés
Gagné au T4 246 000 clients, 414 000 forfaits et -169 000 en prépayés.
Gagné au T3 58 000 clients, 414 000 forfaits et -356 000 en prépayés
Perdu au T2 119 000 clients, +244 000 avec un forfait et -363 000 en prépayés.
Perdu au T1 361 000 clients, +85 000 avec un forfait et -446 000 en prépayés.
 
Source : Communiqué de presse Orange.

Pour rappel, les résultats au 31 mars 2014 et ceux au 30 juin 2013.
« Modifié: 29 juillet 2014 07:44:08 par Hammett »

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #345 le: 30 juillet 2014 06:52:46 »
Orange a présenté ses résultats trimestriels hier, l’occasion pour Stéphane Richard de revenir sur quelques dossiers chauds du moment.

Bouygues Télécom
Par rapport à l’offensive tarifaire de Bouygues, rien ne presse : "Bouygues n'arrivera pas à fixer un nouveau standard de marché.", pour lui, preuve en est que la concurrence n’a même pas répliqué !
On verra donc en fonction des résultats de Bouygues présentés fin août. A moins qu’Orange soit épargné et que Bouygues ne taille des croupières qu’à Free !

Concernant la consolidation (Bfm (29/07) : "Il n’y a pas de place pour 4 opérateurs en France de manière durable. Mais quand la concentration se fera, entre quels acteurs, je ne sais pas (…) On est allé assez loin pour jouer la consolidation, on n'y est pas arrivé (…) Les discussions pour une consolidation sont stoppées à l’heure actuelle (…) cela n’est pas dit qu’on y arrive pas plus tard".

Netflix
Netflix doit « débarquer » en France pour la rentrée. Pour raisons fiscales, le service serait domicilié hors de France : dans un premier temps au Luxembourg, puis aux Pays-Bas.
La position d’Orange est connue depuis quelques semaines (mi-mai à un colloque du NPA Conseil) :


Cela a été réitéré par Stéphane Richard sur Bfm Tv (Le Figaro (29/07) : "J'ai décidé que nous n'aurions pas le service Netflix au moment de son lancement", les deux parties n'ayant pas réussi à s'entendre sur les termes d'un accord, Orange "aviserait" par la suite en fonction notamment du résultat des discussions entre Netflix et les autorités françaises.".
Bref, rien d’urgent pour le moment. La concurrence se fera aussi sur la richesse du catalogue et Orange et Canalplay ont aussi des arguments.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #346 le: 31 juillet 2014 06:58:16 »
Brèves du sport business et des médias - N° 79

L’Autorité De La Concurrence (l'ADLC) a décidé de suspendre l’accord passé entre Canal+ et la Ligue Nationale de Rugby (LNR) pour la diffusion du Top14 jusqu’en 2019. La LNR et Canal+ ont fait appel (qui n’est pas suspensif) de l’avis.

Pour rappel, beIN Sports avait saisi l’Autorité de la concurrence contre la Ligue Nationale de Rugby (Les Echos, 18/03), car la chaîne contestait l’attribution à Canal+ des droits télévisuels du championnat de France de rugby.
Sans appel d’offres, la chaîne cryptée avait en effet obtenu l’exclusivité de la compétition pour les cinq saisons à venir, moyennant 355 millions d’euros. En janvier, BeIN Sports  avait prévenu qu’elle se réservait "le droit d’intenter toutes les actions pour faire valoir ses droits, (regrettant) l’absence de respect d’une procédure transparente de mise en concurrence équitable et loyale".

Il y a quelques jours, dans une brève, Le Figaro (10/07) annonçait que : "L'autorité de la concurrence va rendre d'ici à la fin du mois de juillet une décision « importante » concernant la guerre entre BeIn sports et Canal+ sur des droits sportifs.". C’est fait !

L'Autorité estime que cet accord a porté une "atteinte grave et immédiate au secteur de la télévision payante et aux intérêts des consommateur (...) la situation est également préjudiciable au développement de beIN Sports, seul nouvel entrant susceptible d’animer la compétition sur les programmes sportifs de diffusion payante[/i]".

Dans son avis, l’ADLC :
"- enjoint à GCP (Groupe Canal Plus) et à la LNR de suspendre l'accord conclu le 14 janvier 2014. Afin de ne pas perturber le déroulement de la saison 2014/2015, qui reprend à la mi-août, et pour protéger l'intérêt des clubs, des diffuseurs et des téléspectateurs, cette suspension interviendra à l'issue de la diffusion de la saison 2014/2015.

- enjoint à la LNR de procéder, dans les meilleurs délais et au plus tard pour le 31 janvier 2015, à une nouvelle attribution de ces droits au titre de la saison 2015/2016 et des saisons suivantes. Cette attribution devra être effectuée à l'issue d'une procédure de mise en concurrence transparente et non discriminatoire et pour une durée qui ne soit pas disproportionnée.

- enjoint à GCP de cesser toute communication, qu'elle soit externe ou dirigée vers ses abonnés, relative à l'attribution exclusive pour les cinq prochaines saisons des droits du Top 14 jusqu'à la saison 2018/2019.
".

C’est un coup dur de plus sur le monopole de Canal+ et aussi et surtout pour la direction actuelle de la LNR.
Mais plus globalement, cela devrait clarifier les appels d'offres pour la diffusion de droits sportifs. A noter que l'attribution ds droits TV de la Ligue 1 ont été clairs, nets et transparents et n'ont pas été l'objet de contestations juridiques.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #347 le: 01 août 2014 06:05:28 »
L’ARCEP vient de publier son tableau de bord (données provisoires) sur la téléphonie mobile pour le deuxième trimestre 2014. Au-delà des chiffres sur la consommation voix et data, cela permet de dégager quelques tendances sur le marché du mobile.

Récapitulatif


Marché professionnels et particuliers en Métropole et DOM-TOM : généralités
Au niveau national (Métropole + DOM-TOM), il faut noter (tableau 1.1) une augmentation du parc total actif de 886 000 clients (1 client = 1 ligne mobile) sur le trimestre dont 900 000 pour la métropole, ce qui porte le total à 78,437 000 millions de cartes SIM. Augmentation en légère baisse par rapport au trimestre précédent.
Le parc total augmente de 4,8% sur un an, après 5,2% au T1 2014, 5,0% au T4 2013, de 5,1% au T3, 6,2% au T2 et 6,1% au T1.

Toujours au niveau national, le prépayé est négatif de 130 000 mais en nette décélération par rapport aux trimestres précédents. Le segment aurait-il touché le fond. A confirmer.

Professionnels et particuliers en Métropole : généralités
47,4% des abonnements sont désormais libres d'engagement (tableau 2.3), contre 45,5% au T1 2014, 44,0% au T4 2013, 41% au T3, 39% au T2 2013, 36% au T1 2013. En douze mois, le nombre de personnes sans engagement est ainsi passé de 22,3 millions à 29,3 millions

Le nombre de numéros mobiles portés est de 1,191 000 million (Tableau 2.3) Cela représente 1,9% des forfaits, contre 2,4% à fin mars 2014, 2,8% des forfaits à fin 2013, 2,3% en décembre 2011 et 5,7% en mars 2012.

Le taux de résiliation (tableau 2.3) pour les forfaits est en baisse et retrouve son niveau moyen de 2011. Il est de 3,5% contre 4,2% à fin mars 2014, 4,7% à fin décembre 2013, 4,1% au T3 2013, 4,5% au T2 2013, de 5,3% au T1 2013 et de 4,7% au T3 2012.
Par contre, pour ce qui concerne le prépayé, ce taux est de 17,8%, contre 16,8% à fin mars 2014, 17,9% à fin décembre 2013, 20,8% pour le T3, de 17,4% au T2, de 18,1% au T1 2013.

Professionnels et particuliers en Métropole : les opérateurs
Le nombre de (tableau 2.2) auprès de l’un des quatre opérateurs de réseaux mobiles métropolitains (Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange France et SFR), est en augmentation 560 000 (+1,0%) pour le T2 2014, contre 386 000 (+1,6%) pour le T1 2014, 1,001 000 (1,5%), de 690 000 (1,1%) au T3 2013, de 950 000 (1,5%) pour le T2 et +489 000 (+0,8%) sur le T1 2013.

Les forfaits représentent 57,564 000 millions de clients (tableau 2.2), soit une augmentation de 905 000 (+1,6%) sur ce trimestre, contre une augmentation de 911 000 (1,6%) pour le T1,  1,346 000 (+2,5%) pour le T4 2013, 1,357 000 (+2,6%) sur le T3, de 949 000(+1,5%) sur le T2, de +489 000 (+3,0%) sur le T1 2013.

Le prépayé représente 9,352 000 millions de clients soit une baisse de 345 000 (3,7%), contre une baisse de 345 000 (-5,1%) à fin mars 2014,   une hausse de 353 000 (3,3%) à fin décembre 2013, une baisse de 676 000 (-6,0%) à fin septembre 2013 , une baisse de 739 000 (-6,2%) à fin juin 2013, et une baisse de  837 000 (-6,5%) à fin mars 2013.         

Professionnels et particuliers en Métropole : les Mvno
8,789 000 millions de clients ont souscrit à un service mobile auprès d’un Mvno (tableau 2.2), soit une hausse de 340 000 (4%) sur le T2, contre un hausse de 338 000 (+4,2%) à fin mars 2014, une hausse de 202 000 (+5,2%) à fin décembre 2013, hausse de 15 000 (+0,2%) pour le T3, de 151 000 (1,9%) sur le T2, de 27 000 (+0,4%) au T1 2013.
Les Mvno représentent  11,6% du marché total de ce trimestre contre 11,3% pour le T1, 11,0% du marché total sur le T4, de 10,9% pour le T3, T2 et T1 2013.

Quelques tendances
- Développement des forfaits sans engagements, avec une augmentation de 8 points sur an. Le niveau des 50% du total des forfaits devrait être dépassé cette année. Les taux de résiliation et le nombre de numéros portés ont globalement retrouvé le rythme d’avant l’arrivée de Free Mobile.
- La part des Mvno est en augmentation, sur la métropole, les opérateurs ont gagné 560 000 lignes supplémentaires et les Mvno 340 000, soit un total de 900 000 nouvelles lignes : 1,008 000 million sur les forfaits et baisse de 108 000 sur le prépayé. Au niveau national, c’est une augmentation de 886 000 nouvelles lignes avec un gain de 1,016 000 sur le forfaits et une baisse de 130 000 sur le prépayé. 
- Au niveau national, sur l'ensemble des forfaits du T2, Orange fait 18,7% de pdm (190 000 sur 1,016 000). Reste 826 000 à se "partager" entre Bouygues, SFR, Free et les Mvno. Pour ces derniers, le total devrait donc être supérieur à celui du T1, vu que la part de marché est en hausse.
- Lors du T1, pour Orange, c'était 26% de pdm (281 000 forfaits sur un total 1,082 000). Restait 801 000 clients, Bouygues avait gagné 30 000 clients, SFR baissé de 21 000, Free gagné 595 000 et les Mvno 197 000.

Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #348 le: 04 août 2014 06:57:55 »
Brèves du PIF (Paysage de l'Internet Français) - N°89

Dernières nouvelles du rachat de SFR par Numericable (7)
Comme annoncé par Bruno Lasserre – le président de l’Autorité De La Concurrence – lors d’une interview au quotidien (Les Echos, 10/07), l’Autorité De La Concurrence va entamer un examen approfondi du rachat de SFR par Numéricâble. Concrètement, l’ADLC a 65 jours minimum pour effectuer cet examen (à partir de fin septembre).
Classiquement, cela permettra de lever les doutes sérieux d’entraves à la concurrence. L’ADLC effectuera une consultation élargie des acteurs du marché. L’ARCEP a déjà transmis ses conclusions, le CSA devra le faire également.
Le collège de l’Autorité se réunira ensuite au mois d’octobre pour examiner le diagnostic établi et les remèdes éventuels qui seront proposés. La décision finale sera prise à l’automne. Les sages de la rue de l’Echelle donneront dans le même temps leur avis sur le rachat de Virgin Mobile par Numericable.

Free veut racheter T-Mobile
Free vient de faire une offre de 11,2 milliards d’euros pour s’acheter 56% de T-Mobile (filiale US de Deutsche Telekom pour 67%) le numéro 4 du mobile et ses 50 millions de clients et 12% de parts de marché. Free n’est pas le mieux disant financièrement, mais pourrait être le candidat idéal, sachant que l’autre acheteur est Sprint le numéro 3 du marché, ce qui pose des problèmes de concurrence pour les régulateurs américains.

La question qui se pose est : coup de bluff ou non ?
- Non, au vu des partenariats engagés avec les banques HSBC et BNP Paribas et la Banque Lazard. Pour régler le chèque, Free serait prêt à s’endetter de 9 milliards et dérogerait ainsi à sa règle fondamentale de ne pas s’endetter pour grossir.
- Oui, car cela lui permettrait de se tester et par la bande de participer à la consolidation dans les télécoms en agitant la carte bleue devant le nez de Martin Bouygues, le tout en adoptant la méthode Drahi (propriétaire de Numéricâble). Sachant qu'actuellement, que le marché est prêteur de liquidités, Free peut faire quelques emplettes.

Pour rappel, Xavier Niel à titre privé ou pour Iliad s’est déjà engagé dans des rachats. Orange Suisse le coût (octobre 2011) était de 1,5 milliard à titre privé. Niel s'était associé à Goldman Sachs et avait passé le premier tour, mais pas le second. Pour Mobistar (octobre 2013), c'est resté dans les limbes. Par Monaco Telecom (avril 2014), c'est 322 millions et c'est encore à titre privé. Alice en 2008, c'était 775 millions. Dernièrement, Iliad a proposé 5 milliards d'euros pour s'offre Bouygues Télécom, ce qui a été refusé par ces derniers.
 
En cas de succès , le bœuf T-Mobile ne sera t-il pas trop gros pour la grenouille Free ? A suivre...


Hammett

Re : Parts de marché dans le haut débit et le mobile
« Réponse #349 le: 05 août 2014 07:02:50 »
Alors que Xavier Niel veut faire des emplettes au pays de l’Oncle Sam, une question se pose, quid de la consolidation en France ? C’est justement la question qui lui a été posée par un journaliste du Wall Street Journal (01/08). A cela, il a répondu : "In France, we could still buy little bits of Bouygues Telecom if Orange SA decides to renegotiate. But everything depends on the price that Bouygues would sell. We are not bothered by staying in a market with four mobile players.”.

Xavier Niel s’était déjà exprimé (Zdnet, 08/07) : "Maintenant il y a un certain nombre d’acteurs qui pour des raisons qui leur sont propres, ont envie que le nombre d’acteurs diminue, soit par ce qu’ils souhaitent acheter un acteur, soit par ce que certains acteurs souhaitent se vendre, par ce qu’ils n’ont plus de croissance, par ce qu’ils ont fait des erreurs stratégiques.".

“Des petits bouts de Bouygues Télécom“, "erreurs stratégiques", cela doit faire plaisir chez Bouygues Télécom...

Plus sobre, Stéphane Richard avait également donné quelques explications (La Tribune, 02/07) à l'arrêt des discussions avec Bouygues Télécoms : "les demandes de Bouygues étaient trop élevées et Iliad ne voulait pas aller suffisamment loin dans sa participation à une opération. Nous avions exclu dès le départ qu'Iliad se contente de reprendre uniquement le réseau et les fréquences comme dans l'accord signé avec Bouygues en cas de rachat de SFR.", Pour Stéphane Richard, le plat pourrait bientôt repasser "peut-être dans six mois, mais ce ne sera pas à notre initiative.". 

Dans un communiqué, Bouygues vient de répondre à Xavier Niel : "Suite aux récentes déclarations parues dans la presse, Bouygues rappelle que Bouygues Telecom poursuit la mise en place de son plan de transformation annoncé le 11 juin 2014 visant à lui garantir un avenir autonome. De plus, le Groupe n’a reçu à ce jour aucune offre de rachat pour sa filiale Bouygues Telecom.". 
 
Bref, pour Xavier Niel, en cas de de vente, c’est Orange qui est maître du jeu, Pour Orange et Stéphane Richard, c’est l’inverse !

Aujourd'hui (après bourse), c'est Numericable qui publie ses résultats. SFR et Bouygues le feront le 28 août et Free, le 1er septembre.